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29 septembre 2014

Battre le briquet, ça enflamme

Faire du feu sans briquet
Il fallait de l’huile de coude pour faire du feu...

«Va chez la voisine. Je crois qu’elle y est. Car dans sa cuisine. On bat le briquet.» Un couplet d’«Au clair de la lune» éclaire l’arrivée du feu dans les foyers. Et l’expression battre le briquet dérive jusqu’à enflammer le cœur d’une dame. De toute façon, c’est une histoire d’étincelle.

Au début, elle s’obtient en faisant rapidement tourner un bâton de bois (drille) dans un trou de bois. Il faut de l’huile de coude ou un archet fait de corde et de branche pour voir arriver, d’abord de la fumée, puis une petite poudre noire qui enflammera du coton ou de la paille. Frapper deux pierres l’une contre l’autre marche aussi, à condition que ce soit du silex contre de la marcassite, une pierre ferrugineuse. Et de l’amadou. Immense et léger, ce champignon qui pousse sur les troncs se découpe en fines tranches très inflammables.

L’arrivée des premières allumettes, en 1805, est explosive. Pour faire feu, il faut quand même les plonger dans un flacon d’amiante rempli d’acide sulfurique… Les suivantes, en 1827, joliment baptisées Lucifers, se frottent sur une surface rugueuse. Et puent horriblement. On ajoute alors du phosphore blanc pour en atténuer l’odeur. Du coup, elles tuent les ouvriers qui les fabriquent. Un Suédois, Gustaf Erik Pasch, invente alors la vraie allumette, l’allumette suédoise, évidemment!

Et le briquet, me direz-vous? On a gardé jusqu’à aujourd’hui la bonne vieille méthode des hommes préhistoriques: un briquet métallique – genre de boucle ou de poing américain – contre un silex. Il y a bien l’arrivée du briquet électrique, en 1874, de celui à essence, que la guerre et les motards ont popularisé, et de celui à gaz, le plus courant, qui fait «pchiii» si on presse le clapet sans faire rouler la pierre. Et le briquet solaire n’est pas une récente invention écologique, mais concentre depuis 1878 la lumière du soleil grâce à un miroir concave et une lentille. Les enfants l’apprennent facilement…

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck