Archives
11 juillet 2016

Bien-être accru pour les porcs italiens

La Panizzina est le premier élevage porcin d’Italie à appliquer les directives suisses en matière de bien-être animal. Migros et le producteur de viande transalpin Beretta sont à l’origine de cette initiative.

Bien-être animal
Sur l’exploitation italienne, les porcs (ici avec Sebastiano Colzani, ingénieur agroalimentaire) bénéficient de davantage de place.

Au sud-ouest de Milan s’étendent des terres vastes et fertiles. Il s’agit de la Lomellina, une plaine aux confins de la Lombardie et du Piémont – deux régions qui unissent ici le meilleur de leurs traditions agricoles. Au milieu de cette contrée se dressent les bâtiments de La Panizzina. Cette exploitation élevant des porcs sur une centaine d’hectares est la seule en Italie à appliquer la législation suisse en matière d’élevage, d’alimentation, de santé, de transport et d’abattage. En collaboration avec Migros, l’entreprise transalpine Beretta a transformé cette ferme afin qu’elle réponde aux normes suisses. Résul­tat: le distributeur est le premier du pays à importer des produits à base de viande de porc, comme le jambon, élaborés à l’étranger selon les directives helvétiques.

«Il y a deux ans, Beretta a accepté de nous aider à trouver une entreprise avec laquelle nous pourrions atteindre nos objectifs en matière de bien-être animal, raconte Bernhard Kammer, responsable du secteur Environnement & Bien-être animal à la Fédération des coopératives Migros. Le personnel de La Panizzina, enthousiaste, s’est tout de suite montré très motivé pour entreprendre avec nous les adaptations nécessaires.»

De l’espace et des recettes variées

La nourriture des bêtes est préparée dans un grand hangar au milieu de la ferme – la «cuisine», comme l’appellent les employés de l’exploitation. Là, les quantités exactement nécessaires de maïs et d’orge sont acheminées depuis les silos pour être moulues, mélangées à de l’eau et mises à fermenter dans de grandes bassines en acier. Les recettes varient selon le stade de développement des animaux, mais tous les aliments sont préparés sans OGM.

Le tableau de bord de l’unité de contrôle de la «cuisine» permet de consulter tous les détails relatifs à chaque cochon – une puce insérée dans l’oreille permet en effet de les identifier et de contrôler leur croissance.

«L’exploitation a consenti d’importants investissements en faveur du bien-être animal», se réjouit Bernhard Kammer. Le nombre de porcs évoluant sur l’exploitation a été réduit, de façon que chacun dispose de davantage d’espace. De même, les sols grillagés, peu pratiques et dangereux, ont été remplacés par des sols fermes un peu partout dans la ferme.

Les nouvelles zones de chargement disposent elles aussi d’une rampe plus large, spécialement conçue pour cet usage. C’est là que les porcs montent dans les camions qui les emmènent ensuite à l’abattoir. «Là encore, nous respectons les prescriptions suisses qui imposent que le transport ne dure pas plus de six heures», explique Bernhard Kammer.

Des jeux pour les porcelets

Outre ces aménagements, l’exploitation a introduit différentes activités pour les animaux. Sebastiano Colzani, un ingénieur agroalimentaire qui a consacré son travail de fin d’études à l’élevage porcin, explique: «Les cochons sont d’un naturel curieux. Ils explorent tout ce qu’ils peuvent et ont besoin d’être en contact avec des objets. Ici, nous veillons à ce qu’ils soient sans cesse occupés.» Ainsi, ils disposent désormais de ballots de foin ou de petites balles d’herbes pressées dans lesquelles se rouler. Et dans la zone d’adaptation réservée aux porcelets, des tubes de bois pendent le long des murs en guise de jouets.

Enfin, si au sein de l’Union européenne, il est courant de couper la queue des cochons pour éviter qu’ils ne se blessent mutuellement par désœuvrement et manque d’espace, cette pratique est aujourd’hui interdite en Suisse et, partant, sur l’exploitation italienne La Panizzina.

De toute façon, suite au nouveau programme d’activités et aux différentes améliorations apportées au site lombard, le procédé est maintenant complètement superflu…

Auteur: Alessandro Zanoli

Photographe: Martino Lombezzi