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31 décembre 2012

Bonne année… tout dépend à qui!

Isabelle Kottelat ne se contente pas de compter sur les doigt les jours qui restent à notre année et calcule large.

Dessin d'un personnage changeant le dernier chiffre de 2012 en 2013
Tout le monde ne fête pas la nouvelle année en même temps.

Einstein avait raison: le temps, c’est relatif! Vous croyez entrer demain en 2013, mais en fait nous sommes en 1434 depuis le 15 novembre… selon le calendrier musulman, un calendrier lunaire. Ou en 2139 – jusqu’au 13 février – pour les Tibétains. On ne compte pas tous les années en fonction du soleil.

Donc, dès demain, soyez vigilant avant d’adresser vos vœux de nouvelle année. Chez les Berbères, le Nouvel An (Yennayer) ne sera fêté que le 12 janvier. Les Chinois attendront jusqu’au 10 février leur nouvelle année, celle du Serpent. Le premier jour du calendrier hébreu, le Roch Hachana, sera célébré le 5 septembre prochain. Le calendrier éthiopien commencera, lui, le 11 septembre…

Chez nous, c’est le calendrier grégorien (du pape Grégoire XIII) qui fait foi. Mais seulement depuis 1582. Jules César avait bien décidé – en 46 avant J.-C. déjà – que le 1er janvier marquerait le début d’année avec son calendrier julien (de Janus, dieu des commencements, qui a donné janvier). Mais ça a ensuite bien changé au fil des siècles, des pays et des religions.

Suivant le mythe de la renaissance de la nature, beaucoup de peuples ont quand même planté leur premier jour de l’an entre le solstice d’hiver (21 décembre) et l’équinoxe de printemps (21 mars). Mais ça fait large: du coup, dans l’Europe catholique du Moyen Age, on commençait la nouvelle année le 1er mars; sous Charlemagne, à Noël; le 25 mars dans le Sud de l’Europe et l’Angleterre. Et du XIIe au XVe siècle, certains Nouvel An tombaient à Pâques...

Et comme, en plus, le calendrier julien retardait par rapport à la vraie année solaire, le brave Grégoire a imposé le sien au monde catholique, parce que c’était le bazar pour harmoniser les fêtes religieuses. L’Italie, l’Espagne, le Portugal et la France l’ont suivi tout de suite. Les cantons catholiques suisses progressivement, mais certains villages protestants ont protesté jusqu’en 1812. Et la Russie jusqu’à la révolution de 1917!

Comme si ce n’était pas assez compliqué, les météorologues parlent aujourd’hui d’hiver dès le 1er décembre et de printemps dès le 1er mars. C’est qu’ils causent de saisons météorologiques. Pour simplifier leurs calculs, elles commencent le premier jour du premier mois de chaque saison. C’est sûr que c’est plus simple…

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck