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19 octobre 2014

Ça chauffe toujours!

Saviez-vous que…, la chronique d'Isabelle Kottelat.

La bouillotte, un accessoire qui tient bien chaudLa bouillotte, un accessoire qui tient bien chaud
La bouillotte, un accessoire qui tient bien chaud.

Qui a dit qu’une bouillotte tuait l’amour? Pendant longtemps, l’engin a mis le feu aux lits. Littéralement. C’est qu’on remplissait de braises les premières chaufferettes à long manche (ou bassinoires) qu’on passait ensuite entre les draps. Pas trop longtemps… Certains mettaient des briques à chauffer sur la cuisinière ou le poêle puis les enveloppaient dans un torchon pour le glisser dans les plumes. Les Alsaciens, eux, préféraient des sacs remplis de noyaux de cerises chauffés.

Avec la disparition progressive des cheminées, l’eau a pris la place du feu… Et les bouillottes toutes sortes de formes et de matières: bouteilles ou crapaud, en porcelaine, en fer, en zinc, en aluminium, en cuivre pour les riches, déclinées en chauffe-mains et chauffe-pieds. A noter la bouillotte ventrale ou dorsale, sorte de bidon dont la forme épousait le corps des cavaliers, militaires et chasseurs. Pour l’amour – et le confort – de sa belle, un cordonnier de 1770 lui a imaginé des pantoufles de spectacle chauffantes grâce à des talons métalliques remplis d’eau chaude.

Quant aux trains de première classe, entre 1855 et 1897, ils avaient leur «Père bouillotte» qui réchauffait des récipients en cuivre dans une cuve d’eau bouillante. Les premières voitures avaient aussi leurs bouillottes.

Qu’il n’est pas encore question de ranger au placard avec sa copine la verveine. Aujourd’hui, elle est devenue magique. Et se consomme sans modération chez les inconditionnels des sports d’hiver et les frileux. Ces petites pochettes chauffantes ne font pas boum, mais un procédé tantôt chimique tantôt physique produit de la chaleur quand on les malaxe ou les secoue. Jusqu’à 60 degrés pendant vingt-quatre heures.

© Migros Magazine – Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat