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10 mars 2014

Ça roule!

Depuis leur création, les routes ont fait un long… chemin.

dessin d'un rouleau compresseur à vapeur
Les voies modernes sont nées au XVIIIe siècle.

Tous les chemins mènent à Rome. Parce que, dans l’Empire latin, un réseau de voies relie la capitale aux villes voisines. Pavées à l’huile de coude des esclaves et des légionnaires, ces routes. Au IIe siècle, il y en a 372. Les Romains n’ont pourtant inventé ni la roue ni la route, intimement liées et vieilles d’au moins six millénaires comme la route de la Soie en Chine, la Voie royale, en Perse, entre l’Iran et la Turquie, ou la voie de l’Encens qui relie l’Egypte, l’Arabie et l’Inde.

Au fil des siècles, les routes disparaissent sous la végétation, s’enfoncent, se déforment, jusqu’à ce que trois ingénieurs se penchent dessus au XVIIIe siècle et se disputent l’invention des voies modernes: les Français Perronet, Trésaguet et l’Ecossais MacAdam qui développe la technique qui prend son nom. Faussement d’ailleurs. Elle n’a rien à voir avec la route goudronnée. C’est juste un procédé d’empierrement de chaussée en couches successives, bombées et surélevées. Et passées au rouleau compresseur.

Quant au bitume, à l’asphalte et au goudron, ce sont des liants: les ciments qui, mélangés aux cailloux, donnent les revêtements. Les deux premiers se trouvent dans la nature respectivement sous forme de gisements et de roches hydrocarbures, donc apparentées au pétrole. Ils sont connus depuis la nuit des temps: utilisés pour étancher les jardins suspendus de Babylone, l’Arche de Noé et plus sérieusement digues, canaux et canoës, ainsi que pour embaumer les morts ou soigner les caries des Egyptiens.

Le troisième, lui, est fabriqué en transformant la houille – roche charbonneuse. Il a été utilisé pour imperméabiliser les routes, jusqu’à ce qu’on découvre qu’il était cancérigène. Les études continuent à porter sur le bitume. Mais on peut encore rouler et construire tranquille: pas de lien avéré pour l’instant entre applications routières et cancer.

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck