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28 janvier 2013

Carnaval, l’heure des dernières folies avant Pâques

Avant de faire carême, on peut faire bombance jusqu'au Mardi gras. Que les festivités remontent au Moyen Age ou à l'époque romaine, elles ont commencé le 6 janvier à Evolène et se termineront à Lausanne... en mai.

Carnaval
Lors du carnaval, presque tout est permis!

Pour ceux qui ne sont pas repus des fêtes de fin d’année, il reste une vingtaine de jours pour se goinfrer et se défouler. Après, c’est ceinture pendant quarante jours, avant l’arrivée salvatrice des cloches de Pâques.

La fête des Rois (Epiphanie), le 6 janvier, a sonné le coup d’envoi des festivités de carnaval et les historiens n’ont pas fini de se crêper le chignon pour en déterminer les origines. Ce sur quoi ils sont à peu près tous d’accord, c’est que le carnaval, littéralement carne levare ou «enlever la viande», c’est le dernier moment de faire bombance avant l’abstinence du carême, qui commence le mercredi des Cendres, juste après le fameux Mardi gras de tous les excès. Il tombera cette année le 12 février, selon un savant découpage du temps en périodes de quarante jours.

Quant à savoir depuis quand on célèbre carnaval, c’est une autre paire de manches. Depuis le haut Moyen Age, c’est sûr. Selon le Dictionnaire historique de la Suisse, le carnevale est mentionné pour la première fois à Rome au XIIIe siècle et Fasnacht (la nuit qui précède le jeûne de carême) en 1283 en Suisse.

D’autres le font carrément remonter aux festivités romaines en hommage à Saturne ou aux fêtes païennes, d’où seraient issus les masques laids chassant les mauvais esprits du Lötschental, ou encore aux rituels marquant la fin de l’hiver, où l’on brûle un bonhomme de neige ou une perche (si, à Estavayer-le-Lac).

Quoi qu’il en soit, les festivités carnavalesques ont déjà commencé. La folie a envahi Evolène depuis le 6 janvier, tandis que les confettis virevolteront les 1er et 2 février à Estavayer-le-Lac, du 7 au 12 à Sion et à Lucerne avec son légendaire Frère Fritschi, symbole de fertilité, du 8 au 12 au Carnaval des Bolzes de Fribourg ou à celui de Bassecourt, jusqu’à celui de Bâle et son matinal Morgen­straich qui transgresse allégrement la date du Mardi gras, puisqu’il commence le 18 février. Bon, il y aura même des carnavals début mars avec les toujours tardifs Brandons de Moudon. Sans parler de Lausanne qui plante le sien début mai. C’est quand, déjà, Pâques?

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck