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10 juin 2013

Céline Dreveton, la virtuose du papier

Joviale et sensible, Céline Dreveton invente des univers doux et poétiques. Entrez dans le monde tout en papier d’une créatrice d’ambiance à Renens (VD).

Céline Dreveton au milieu de ses œuvres de papier
Céline Dreveton: «Mon cerveau crée tout le temps, tout est source d’inspiration. Entre de longues périodes de latence, j’entre en phase d’ébullition. Et quand le prototype est abouti, hop, je le lance.»

Son intérieur ressemble à une bulle d’oxygène. Un salon tout en fraîcheur, canapé couleur fougère, plantes vertes à profusion, meubles chinés ou recyclés, tentures tilleul et réséda qui flottent dans l’air coulissant. Et encore une table de lin, une vieille balance de pharmacie derrière un ficus et des fleurs. Quelques orchidées, vraies, et beaucoup de fleurs blanches. En papier.

Oui, Céline Dreveton a la main verte. Ou plutôt blanche. En tout cas, la main qui démange et fourmille d’inventivité. Qui froisse le papier en objets délicats et poétiques: luminaires graphiques à l’éclairage tamisé, bouquets de fleurs aux corolles rebondies et aériennes. «J’aime ce qui est pur, calme, doux, simple. Je ne cherche pas à faire compliqué.»

Fondatrice du Salon Unicréa, – qui rassemble une centaine de créateurs deux fois par année et plus de 6000 visiteurs – cette jeune femme a vite quitté une formation en gestion de société pour se lancer dans la décoration, appliquant sa devise:

Tout est possible. La vie, c’est maintenant!

Céline Dreveton cultive l'amour des matières.
Céline Dreveton cultive l'amour des matières.

A 36 ans, elle cultive donc l’amour des matières. Hier, les beaux tissus, velours dévoré, taffetas, lin, et aujourd’hui le papier marié au fil de fer, deux textures qu’elle affectionne. Le souple et le rigide, l’éphémère et le robuste. «Je change de supports régulièrement. Je teste plein de choses, même les erreurs sont utiles.» Cette créatrice d’ambiance, un terme qu’elle préfère à celui de décoratrice d’intérieur, s’occupe donc d’un à deux chantiers par année, et donne une fois par mois des cours pour le grand public.

Profondément amoureuse de l’humain elle partage donc ses enthousiasmes papivores. Et recycle tout ce qui lui tombe sous la main en pétales légers: papier d’emballage, imprimés népalais et même des livres anciens pour un effet littéraire. «Mais je lis quand même une phrase sur chaque page avant de la déchirer!» rigole Céline Dreveton.


La première lampe signée Céline Dreveton.
La première lampe signée Céline Dreveton.

Ma création

«J’avais vu une lampe design qui me plaisait beaucoup, mais son prix avait deux zéros en trop… Alors j’ai décidé de la faire moi-même. J’ai construit une armature en fer et j’ai posé un papier chinois par-dessus, résistant à la chaleur, que j’ai froissé pour faire l’effet drapé. Et voilà, ma première lampe était née!»


Céline Dreveton n'hésite pas à offrir un ouvrage de Philippe Delerm à ses clients.
Céline Dreveton n'hésite pas à offrir un ouvrage de Philippe Delerm à ses clients.

Mon livre

«Philippe Delerm est un des rares écrivains que j’aie vraiment lu. Parce qu’il est touchant, il décrit des scènes de tous les jours, dans lesquelles on se retrouve tous. A chaque fois que je fais un chantier déco, je l’offre en cadeau. Je glisse un exemplaire de «La sieste assassinée» ou de «La Première gorgée de bière» sous l’oreiller de mon mandataire.»


Souvenir de ses grands-parents épiciers en France.
Souvenir de ses grands-parents épiciers en France.

Mon objet

«Cette balance appartenait à mes grands-parents, qui tenaient une pâtisserie en France. Elle me suit partout, parce que j’aime les objets qui ont une histoire. J’ai du respect pour les vieilles choses, humains ou objets. Et puis, c’est aussi mon signe astrologique et le symbole de la justice, valeur capitale pour moi.»


Céline Dreveton pourrait ne manger que des graines, noix, noisettes, amandes.
Céline Dreveton pourrait ne manger que des graines, noix, noisettes, amandes.

Mon péché mignon

«Je raffole de tout ce qui est graines, noix, noisettes, amandes… J’ai vécu à Grenoble, pays des noyers. Et, petite fille, je mangeais toujours une tranche de pain avec du beurre et des noix pour le goûter. Je pourrais me nourrir que de ça! D’ailleurs mon ami m’appelle l’écureuil…»


Offrir des fleurs, c'est comme offrir un peu de vie, selon Céline Dreveton.
Offrir des fleurs, c'est comme offrir un peu de vie, selon Céline Dreveton.

Ma collection

«J’adore les plantes vertes, ou avec des fleurs blanches. Quand j’achète une plante, c’est comme si je la sauvais. Après, c’est à elle de s’adapter à ma manière de l’arroser… J’aime aussi faire des bouturages et les donner à mes amis. C’est comme si j’offrais un peu de vie.»

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Mathieu Rod