Archives
19 janvier 2015

Ces aliments qui dopent le cerveau

Nutritionniste, Virginie Terrier dresse la liste des produits qui stimulent les cellules grises. Faites le plein de vitamine B, d’oméga 3 et de fer.

Alimentation
Huile de colza et sardines (riches en oméga 3), viande rouge et œufs (riche en fer) ainsi que céréales (riches en vitamine B) boostent le cerveau.

Mange du poisson, ça rend intelligent!» Les malheureux enfants qui n’y ont jamais cru pourraient être surpris: il y avait peut-être du vrai dans ce bobard parental. Nutritionniste chez Efficium à Genève, Virginie Terrier explique en effet que la production des neurotransmetteurs «est très liée à notre mode alimentaire». Qu’ainsi le rôle des oméga 3, «des acides gras essentiels», est d’augmenter la fluidité des membranes cellulaires. Et de favoriser du coup le bon fonctionnement des récepteurs, au niveau du cerveau et, partant, «la mémorisation et l’attention». Or le meilleur moyen de faire le plein d’ oméga 3, c’est encore de manger du poisson gras, «si possible des petits poissons, par exemple des sardines, des maquereaux, des harengs».

Virginie Terrier, nutritionniste chez Efficium à Genève.

Que les ichtyophobes se rassurent. On trouve aussi des oméga 3 dans «l’huile de colza, les noix, les noisettes, les graines de lin». Ainsi que dans les fromages de chèvre, de brebis ou les fromages d’alpage. Autrement dit «dans les fromages d’animaux qui mangent encore de l’herbe».

Quant à l’apport en sucre, il peut être bon pour la tête, mais pas tout le temps. En gros il devrait «suivre nos rythmes biologiques», sachant que la production de neurotransmetteurs le matin sera favorisée par l’apport en protéines et en fin de journée par celui en sucre: «C’est pourquoi, contrairement à ce qu’on fait et qu’on pense habituellement», il faudrait au petit-déjeuner «privilégier les protéines», manger plutôt donc «des œufs, du jambon, avoir un petit-déjeuner qui soit orienté salé, avec du fromage, des produits laitiers».

Du sucre oui, mais pas n’importe lequel

S’agissant du sucre relaxant du soir, Virginie Terrier conseille de le prendre sous la forme idéalement de «fruits, céréales complètes – riz complet, millet, boul­gour – de légumineuses, de fruits secs». Ou, mieux encore, de baies «comme les myrtilles, les baies de goji, des fruits qui non seulement vont amener des sucres mais aussi énormément d’antioxydants, de vitamines du groupe B, du fer, plein de choses utiles pour le cerveau».

Les vitamines B, parlons-en: elles jouent un rôle dans «tout le fonctionnement du système nerveux et surtout dans la production des neurotransmetteurs». On en absorbera certaines «dans la viande, tout ce qui est muscle». Mais aussi dans «l’écorce des céréales». Il peut donc «être bénéfique pour le fonctionnement du cerveau» de consommer des céréales complètes: «Dans les céréales raffinées il n’y a plus d’écorces, donc plus de vitamine B.»

Le fer, enfin, on le trouvera essentiellement dans «la viande rouge, les œufs, les poissons aussi, dans certaines légumineuses, les lentilles notamment».

Reste la question du dosage. «Impossible de calculer la quantité exacte par exemple de fer qu’on va avoir dans notre alimentation pour une journée», prévient Virginie Terrier. Qui conseille plutôt comme règle importante de se dire que

Tout ce qu’on consomme doit nous apporter quelque chose d’intéressant pour le cerveau et plus généralement pour notre corps.»

On évitera ainsi de consommer des aliments inutiles. «Par exemple quand vous consommez du pain blanc, ça ne sert à rien, ça n’amène que des calories, aucun micronutriment, aucun acide gras important.» On préférera «une tranche de pain complet, avec du chocolat noir à 90% qui sera plein de magnésium». Un minéral important, le magnésium «pour la production des neurotransmetteurs, et dont nous manquons quasiment tous».

Enfin, si l’on a l’âge de ses artères, on a aussi celui de son cerveau: «A partir de 70 ans, nos membranes cérébrales commencent à se vider de DHA, un oméga 3 qu’on n’arrive plus à produire.» Il faudra donc en amener «tous les jours». Et où le trouve-t-on ce DHA? «Essentiellement dans les sardines, les maquereaux, les poissons gras. Il faudrait en manger au moins trois fois par semaine à partir de cet âge-là.» Comme quoi le poisson qui rend intelligent, ce n’est pas qu’un conte pour les enfants.

© Migros Magazine - Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Corina Vögele (illustration)