Archives
22 avril 2013

Des personnages à croquer!

Il est parfois bon de s'interroger sur l'origine du nom des mets que nous croyons pourtant bien connaître, surtout quand il y a de quoi en faire tout un plat.

Dessin d'un sandwich avec les lettres Mr. en mayonnaise dessus.
Un vrai repas de flemmard, tant en cuisine qu'à table!

S’il y a des prénoms qui se mangent, il existe tout aussi sûrement des plats aux savoureux noms de personnages ou de lieux réels.

Je ne vous parle pas de Monsieur Sandwich que tout le monde connaît: un comte du XVIIIe siècle, John Montagu de ses premiers noms. Grand joueur de cartes, cet amiral britannique avait une telle flemme de quitter une partie – ou pas le temps de se lever de son bureau selon une version moins romanesque – que son cuisinier lui apporta un jour deux tranches de pain garnies de viande et de fromage. Le sandwich était né.

Tout aussi royale, la sauce blanche de Louis de Béchamel, maître d’hôtel du roi Louis XIV, ou encore la praline du maréchal du Plessis-Praslin, dont le cuisinier – c’est à ces marmitons qu’on devrait décerner la palme – inventa cette fondante confiserie dans les années 1600. Et le Kir, ce champagne liquorisé inventé au début du XXe siècle, on le doit à un chanoine du même nom et député-maire de Dijon. Quant à la pizza Margherita, elle arbore le nom d’une reine. Non pas qu’elle fût tarte… Margherita de Savoie a inspiré le chef napolitain Raffaele Esposito en 1889 lors d’une royale visite à Naples. Elle (la pizza) avait le bon goût de présenter les trois couleurs du drapeau italien fraîchement unifié: vert-blanc-rouge.

Avec la géographie, il y a de quoi en faire tout un plat. Les Anglais, surnommés rosbifs parce qu’ils déferlaient régulièrement en uniforme rouge sur la pauvre France du XIXe siècle – ont donné leur nom à cette viande sanguine.

Le hamburger n’est quant à lui pas américain pour un sou, mais allemand. De Hambourg, forcément. Du même genre que la boule de Berlin, ce beignet que l’on mange traditionnellement à la Saint-Sylvestre et durant le carnaval. Et qui a fait s’esclaffer le monde lorsque le président américain Kennedy déclarait en soutien aux Allemands de l’Ouest qui vivaient à l’Est à l’époque du Mur: «Ich bin ein Berliner», au lieu de dire: «Ich bin Berliner » («Je suis une boule de Berlin», à la place d’«un Berlinois»).

Dessert hautement politique, aussi, la macédoine de fruits, composée de pommes et bananes, se savoure tel un pays qui mêle diverses cultures et minorités. Bon appétit!

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck