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13 mai 2013

Cheminot miniature

Depuis l’adolescence, Heinz Bruhin se passionne pour les petits trains électriques. Passion communicative, avec un club plutôt actif du côté de Morges. Il nous en a ouvert les portières...

Heinz Bruhin dans son atelier avec ses modèles miniatures
Heinz Bruhin: "Je suis fier de la maquette de nos jeunes, en constante amélioration. Elle fonctionne encore à l’analogique, et très bien!"

Son club a élu domicile ici, à Morges, dans cet ancien local de danse. Pas beaucoup de place pour passer ou s’asseoir: chaque mètre carré semble devoir se consacrer à la raison d’être de l’endroit: une maquette de trains électriques version XXL, avec 400 mètres de rails déjà posés et 200 autres en passe de l’être. «Je l’ai commencée il y a quatre ans. Par le plan, là, que vous voyez au mur. Deux ans plus tard, je fondais le club, histoire que cela me survive», sourit Heinz Bruhin, 67 ans, fondateur et président des Amis des trains HO Morges.

Comme souvent, plusieurs membres passent en ce mardi matin. Pour boire le café, montrer leur dernière acquisition, ou tout simplement mettre la main à la pâte.»

Une affiche précise le domaine d’engagement des plus actifs parmi les vingt-deux membres du club: les tunnels pour l’un, «parce que le train électrique, c’est avant tout du bricolage», reconnaît Heinz Bruhin, sur les rails d’une passion née vers 12 ou 13 ans, avec une petite maquette dans la cave de la maison familiale. «A Schlieren, où je suis resté jusqu’à la vingtaine, avant de débarquer en Suisse romande.»

La famille n’a pas de voiture et se déplace souvent avec les CFF. Peut-être faut-il y voir l’origine de son hobby dévorant, en temps et surtout en espace. «J’ai emménagé avec mon épouse à Gollion (VD), où nous sommes restés trente-deux ans. Une pièce était consacrée à mes trains, avec un petit coin couture pour que ma femme puisse rester avec moi.»

Quelle que soit la taille, le matériel roulant a évolué. L’électronique s’invite désormais en masse, l’amateur jouant au chef de gare via un logiciel et un boîtier de commande pouvant contrôler la puce équipant chaque locomotive. «Comme dans la réalité, il est possible de programmer un trajet avec telle ou telle rame, le programme se chargeant de contrôler si la voie est libre.»

Annonces en gare et bruit des portes peuvent également être déclenchés à l’envi, «remplaçant le bruit de roulement largement disparu avec les nouvelles rames».

«Il faut être patient et minutieux»

Mais si le passionné reste toujours prêt pour une petite démonstration, la grande partie du plaisir consiste à patiemment développer sa maquette, construisant les bâtiments, peignant personnages et autres détails. «Outre l’aspect électrique, on touche un peu à tout, au bois, au plâtre. Il faut être patient et minutieux.» Et cela fait apparemment toujours recette à l’heure du virtuel et des écrans: chaque mercredi, cinq jeunes entre 12 et 15 ans rejoignent le local pour s’initier aux joies du petit train. La relève est assurée.

Heinz Bruhin en quelques mots

En train... ou à pied!
En train... ou à pied!

Le reflet d’un autre hobby
«Mes chaussures de marche. Alpes, Jura, Suisse alémanique ou Tessin: avec mon épouse, nous adorons partir en randonnée en compagnie d’amis. Chacun à son tour prépare l’itinéraire, c’est très sympa.»

Le port de Morges (photo: Keystone)
Le port de Morges (photo: Keystone)

Lieu de balade proche
«Les bords du Léman entre Morges où j’habite et Lausanne. Le paysage et les couleurs changent suivant les saisons, c’est superbe...»

La gourmandise se décline aussi en plats salés, telle cette appétissante purée de pommes de terres (photo: Istockphoto)
La gourmandise se décline aussi en plats salés, telle cette appétissante purée de pommes de terres (photo: Istockphoto)

Une gourmandise
«Quelque chose sans chichi. Du rôti-purée, par exemple. Ou alors de la langue de bœuf sauce madère. Un délice...»

Un jouet d'antan qui a certainement pas mal roulé sa bosse!
Un jouet d'antan qui a certainement pas mal roulé sa bosse!

Un objet auquel je tiens
«Ce train en bois, reçu alors que j'étais tout petit. Le premier!»

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Jeremy Bierer