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11 avril 2014

Chocolat Frey reprend SweetWorks

L’entreprise Migros Chocolat Frey SA reprend la société américaine Sweetworks Inc. et renforce ainsi la présence de la M-Industrie sur le marché d’outre-Atlantique.

Christoph 
Schmassmann et Hans-Ruedi Christen
Confiants en 
l’avenir de 
Chocolat Frey 
sur sol américain: 
Christoph 
Schmassmann, chef des finances, et Hans-Ruedi Christen, CEO.

Chocolat Frey SA s’engage activement à l’étranger. En effet, la société membre de la M-Industrie a repris la firme américaine Sweetworks Inc. spécialisée dans l’élaboration de chocolat et de chewing-gum. But de l’opération: renforcer sa position sur le marché nord-américain et y établir la marque Frey. «C’est à l’étranger que les opportunités de croissance sont les plus grandes», analyse Hans-Ruedi Christen, CEO de Chocolat Frey (lire ci-contre).

«Avec le rachat de Sweetworks, nous avons accès à tout le marché américain, poursuit Christoph Schmassmann, responsable des finances à Chocolat Frey. Dans le domaine de la confiserie, nous parlons ici d’un volume de l’ordre de 20 milliards de dollars.»

Pour Chocolat Frey, Sweetworks est le partenaire idéal

Sweetworks restera une entreprise autonome, dirigée par son propriétaire actuel Philip Terranova.

Toutes les activités en Amérique du Nord des deux entreprises seront toutefois regroupées sous une direction commune, chapeautée par Christoph Schmassmann. En 2015 déjà, les premiers produits Chocolat Frey seront commercialisés aux Etats-Unis par Sweetworks. «D’ici à fin 2016, la société sera entièrement intégrée à Migros», souligne Christoph Schmassmann.

SweetWorks Inc
SweetWorks a son siège à Buffalo dans l'Etat de New York (photo: DR).

Mais pourquoi le choix s’est-il porté sur Sweetworks, une entreprise ayant son siège à Buffalo, dans l’Etat de New York, et qui emploie deux cents personnes aux Etats-Unis et deux cent cinquante au Canada? «Cette société présente une structure semblable à la nôtre, explique Christoph Schmassmann. Elle poursuit la même stratégie, axée sur la production de chocolat et de chewing-gum.»

D’autres raisons ont fait de cette firme une candidate idéale à un rachat: «Nos assortiments se complètent à la perfection», précise Christoph Schmassmann. Par exemple, Chocolat Frey commercialise un chewing-gum sans sucre, ce que ne fait pas Sweetworks. Par contre, cette dernière élabore elle-même la gomme de base, premier constituant du chewing-gum. «Jusqu’à présent, nous devions l’acheter. A l’avenir, nous pouvons imaginer nous fournir auprès de notre nouveau partenaire.»

C’est justement dans le domaine des achats que les synergies seront les plus avantageuses pour les deux sociétés, surtout s’agissant du produit phare qu’est le chocolat: l’entreprise de la M-Industrie réalise son propre cacao et sa propre masse de chocolat, que Sweetworks devait jusqu’ici se procurer aux Etats-Unis. «Aujourd’hui, nous envisageons d’approvisionner directement Sweetworks», se réjouit Christoph Schmassmann.

De même, Chocolat Frey devait jusqu’à présent importer des matières premières telles que les amandes et les noix. «Sweetworks a pour sa part directement accès à des fournisseurs américains qui produisent ces ingrédients sur place.»

Produits SweetWorks
Exemples de spécialités SweetWorks (photo: DR).

Mais comment le groupe suisse a-t-il déniché sur le vaste marché américain ce partenaire idéal? «Nous avons effectué d’intenses recherches pendant plusieurs mois, se souvient Christoph Schmassmann. Lorsque, enfin, nous nous sommes assis autour d’une table avec le propriétaire de Sweetworks, nous nous sommes rendu compte non sans étonnement que nous nous connaissions.»

En effet, ce dernier avait rendu visite au chocolatier suisse lors d’un voyage en Europe, voilà maintenant une trentaine d’années.

«Comme pour nous, le chocolat constitue une passion pour lui. Cela a bien évidemment, dès le début, facilité les négociations.»

© Migros Magazine – Christoph Petermann

Auteur: Christoph Petermann

Photographe: Nik Hunger