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8 décembre 2014

Grâce au ciel!

Saviez-vous que? La chronique d'Isabelle Kottelat.

Le procédé de fabrication du yogourt a été découvert par hasard.
Le procédé de fabrication du yogourt a été découvert par hasard. Illustration: Konrad Beck

Le hasard a du bon. On lui a même dédié un nouveau mot, la sérendipité, pour l’art de découvrir et d’inventer des choses par hasard, par mégarde, par accident, par inadvertance, par négligence ou par erreur…

On lui doit le yogourt, tout autant que la pénicilline, le four à micro-ondes ou le post-it. C’est ainsi que les premiers hommes qui ont l’idée de faire de l’élevage – vers 8500 avant notre ère déjà – et donc de traire leurs bêtes et donc de conserver le lait dans des outres fabriquées avec des estomacs de bovins découvrent un beau matin que le lait caille sous l’influence de bactéries que contiennent ces petits pots en panse naturelle. Et que, ma foi, c’est bien bon, facile à transporter et même nourrissant, puisqu’il servira, vers les années 1100, d’aliment de base au grand Gengis Khan et à ses armées mongoles.

Bon, pour arriver jusqu’à nos frigos, le yogourt fait encore quelques détours par la Turquie qui lui donne son nom (traduction de caillé), par le roi François 1er et ses intestins malades qu’un médecin turc, envoyé par son allié diplomatique Soliman le Magnifique, guérit. Mais le bon docteur refuse de dévoiler son secret de fabrication et le yogourt attend encore quatre siècles le chercheur bulgare Stamen Grigorov qui découvre l’une des deux bactéries qui font de cet aliment quasi un médicament, puis Elie Metchnikoff à l’Institut Pasteur qui révèle ses effets positifs sur les coliques des tout-petits.

Du coup, le petit pot passe par la pharmacie avant d’atterrir dans les supermarchés grâce à celui pour qui tout le monde se lève: Isaac Carasso qui baptise ses préparations du nom donné à son fils: «Danone», littéralement «Petit Daniel».

Propriétés antibiotiques, anticancérigènes ou antistress: aujourd’hui encore, on ne compte plus les bienfaits prêtés au yogourt et à ses deux bactéries lactobacillus bulgaricus et streptococcus thermophilus qui en font un produit vivant jusqu’à nos ventres.

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat