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1 décembre 2014

Rassurez-vous!

Saviez-vous que…? La chronique d'Isabelle Kottelat.

dessin symbolique représentant les assurances
Cela ne fait même pas vingt ans qu’il est obligatoire de s’assurer contre les maladies. Dessin: Konrad Beck

Quelle chance, vous avez tous eu la possibilité de changer de caisse-­maladie jusqu’à… hier. Et quelle chance aussi, puisqu’on est tous assurés, aujourd’hui. Parce que ça n’a pas toujours été le cas et c’est loin d’être vieux. Même pas vingt ans qu’il est obligatoire de s’assurer contre les maladies. Avant, c’était facultatif. Si, si. C’est la LAMAL, entrée en vigueur en 1996, qui instaure le caractère obligatoire de la chose. Ça a mis près d’un siècle à devenir obligatoire pour tous, depuis la LAMA de 1912. Avant, des milliers de petites caisses de secours mutuels proposaient une modeste protection aux salariés, aux ouvriers des villes et des régions industrialisées.

On dirait que le peuple suisse n’a jamais vu d’un très bon œil l’idée de s’assurer. En 1900, il refuse une loi fédérale contre les maladies et les accidents qui aurait aussi assuré les soldats. En 1931, il dit non à un projet d’AVS et non encore en 1949 à un gigantesque dépistage de la tuberculose sur l’ensemble de la population passée aux rayons X.

La Deuxième Guerre mondiale donne un coup de pied aux fesses de la sécurité sociale suisse: il en sort une assurance pour perte de salaire et de gains (APG) en 1940 et une AVS en 1947 (à 65 ans pour hommes et femmes). Le droit à une assurance maternité et à des allocations familiales prend aussi corps. Mais attendra des décennies pour devenir réalité. Jusqu’en 2005 pour une assurance maternité pour toutes! Avant, ça dépendait des entreprises. Les prestations complémentaires arriveront en 1966, l’assurance invalidité en 1969, le chômage en 1976 et la prévoyance professionnelle en 1985.

L’expulsion pour celui qui tombait dans l’indigence

Et il faisait encore moins bon d’être pauvre hier qu’aujourd’hui: qui tombait dans l’indigence était proprement expulsé de son domicile et renvoyé dans sa commune d’origine pour y être pris en charge. Jusqu’en 1972! Et même avec une nouvelle loi fédérale, le canton de domicile pouvait encore exiger du canton d’origine le remboursement de frais d’assistance! Jusqu’à l’an dernier.

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat