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23 septembre 2013

Brèves de comptoir

Marie-Thérèse Porchet vient de passer dix jours au Comptoir Suisse à Lausanne. Récit vu de l'intérieur…

Marie-Thérèse Porchet
Marie-Thérèse Porchet

Ouf! Après dix jours passés au Comptoir, j’ai pu vérifier que ma popularité est intacte. Ça m’a juste un peu vexée quand un monsieur m’a dit: «Il y a tellement de vieux machins qui sont plus à la mode, dans ce Comptoir, j’étais pas sûr de vous trouver!» C’est vrai que maintenant qu’ils ont viré le dernier Romand de la direction, ça va être difficile de remonter la pente. Faut dire que rien qu’entre Beaulieu et le Comptoir, ils ont eu six directeurs en cinq ans… C’est plus le Comptoir Suisse, c’est le FC Sion!

Sur le stand de la Loterie romande, j’ai été critiquée à propos de ma participation à la campagne pour le nouveau Swiss Loto, en particulier par mes amis juifs et musulmans qui considèrent que mon slogan n’est ni casher ni halal: «Pour gagner, il faut cocher, alors cochons!»

Quelques stands plus loin, j’ai eu la surprise de voir ma concierge, La Lopez, qui dédicaçait sa biographie: 50 nuances de gras. Elle y raconte sa vie quotidienne en essayant de nous apitoyer sur son sort, avec des anecdotes du genre: «quand je tombe du lit, c’est des deux côtés à la fois» ou «le service des automobiles m’a obligée à installer des feux de recul» ou encore «quand je bronze sur la plage, les enfants crient Sauvez Willy!»

On croise vraiment tout le gratin lausannois, à ce Comptoir. J’ai eu par exemple l’occasion de féliciter le juge qui a récemment fait emprisonner le conducteur qui avait fauché un ouvrier sur l’A9. Les médias étaient d’ailleurs de mon avis, puisque deux quotidiens vaudois titraient exactement de la même façon à l’annonce du verdict: «La prison ferme pour le chauffard». C’est vrai que sur Vaud, c’est rare, une prison qui ferme! J’ai aussi rencontré Jacky Delapierre, le patron d’Athletissima, qui m’a confié que suite aux récentes affaires de dopage dans l’athlétisme, il avait décidé de rebaptiser son meeting Novartissima!

Quant à mon amie Jacqueline, qui a très peur de finir sa vie dans d’atroces souffrances, elle a décidé de s’inscrire chez Exit (un des stands les plus joyeux du Comptoir!). Quelle bécasse! Gaspiller autant d’argent alors qu’il y a un truc bien plus simple pour réussir son suicide: il suffit de se faire opérer du pancréas à l’hôpital de Sion! En plus, c’est remboursé!

Nos chroniqueurs sont nos hôtes. Leurs opinions ne reflètent pas forcément celles de la rédaction.

Auteur: Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet