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3 juin 2013

Allô maman ado... pas dodo

Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

Le jeudi de l’Ascension je suis arrivée au travail avec des cernes jusque sous les bras. Les rares collègues croisés ce jour-là m’ont tous dit «oh tu as l’air fatiguée!». D’habitude je réponds comme le faisait paraît-il Alice Sapritch: «Non, je suis vieille et je vous emmerde». Mais là, j’ai senti le besoin de me justifier, ce qui a abouti au dialogue suivant: «Je sais, j’ai dû me lever pour ma fille -Ah bon, elle a quel âge? -16 ans.»

Oui, au cours de préparation à l’accou­che­ment on ne m’a pas dit que les enfants ne font pas leurs nuits quand ils sont tout petits ET quand ils sont tout grands. Damned. Il y a eu les 12 tétées par nuit, puis les 8 biberons, où quand on a fini de désinfecter le premier c’est l’heure du suivant, puis les otites et les laryngites striduleuses, celles avec la toux aboyante quand on croit qu’ils vont mourir, puis il y a eu les pipis au lit et les terreurs nocturnes et maintenant il y a… les copains.

Donc voilà. Le mercredi soir, veille de jour férié, c’est zig zag zoug avec le Monsieur qui a mis la graine pour savoir qui va aller rechercher le résultat de la graine à minuit trente chez Riri qui habite au fin fond de la cambrousse. On bosse les deux le lendemain. Bim c’est pour moi. Donc, bonne nuit chéri, je vais ranger la vaisselle et regarder une émission culturelle (ça rime). Enfin regarder. Dormir devant quoi. Avant minuit, sortie pénible du coma, et sortie de l’appartement, en training, hirsute, pleine forme. Voiture sous la pluie en essayant de choper encore la fin de la Ligne de cœur avec Jean-Marc Richard histoire de se détendre. Et c’est là qu’arrive le SMS fatal: «Mamaaaan, tu peux aussi ramener Fifi et Loulou?» Avec un cœur à la fin.

Donc, 1 heure de route avec Nostalgie, les Bee Gees et les ados qui dorment à l’arrière, eux. Vers 2 heures du matin, après avoir expliqué à l’héritière que non, on ne débriefe pas la soirée juste là sur whatsapp, on va se coucher.

Le lendemain matin, pendant que la chère chair de notre chair dort, monstre ambiance au petit-déjeuner. Entre deux corn-flakes je formule dans un essai de pensée positive: «Bon dans deux ans elle sera adulte, elle rentrera seule». C’est là que le Monsieur qui partage mes nuits (blanches) soulève une paupière et répond: «Ouais mais il y aura le petit».

Nos chroniqueurs sont nos hôtes. Leurs opinions ne reflètent pas forcément celles de la rédaction.