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8 juillet 2013

Smart faune

Martina Chyba raconte ses expériences avec son premier smartphone.

Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS

Voilà, j’ai craqué. Pour mes 40 ans et quelques (à la vérité pour mes 50 ans moins 2), j’ai jeté mon téléphone préhistorique fabriqué en Europe et qui marchait encore, et je l’ai remplacé par un smartphone très probablement assemblé par des petits enfants asiatiques attachés dans une cave.

Ouais. L’ancien portable avait un avantage, il servait à téléphoner. Le nouveau, je n’en suis pas sûre, il faut encore que j’étudie.

D’abord, je ne sais plus envoyer un SMS. Les touches tactiles sont trop petites. Ou mes doigts sont trop gros. Et c’est trop serré. Je regarde mes enfants avec leurs deux pouces, moi je suis l’attardée du coin qui pose le téléphone sur la table et tape avec l’index. Je me retrouve avec des textes comme krtusvpirrts + un smiley qui fait la gueule. Imaginez, j’ai l’habitude de signer mes messages par «grosse bize», eh bien comme le «z» se trouve à côté du «t», je vous laisse deviner ce que j’ai envoyé comme salutations l’autre jour. C’est vrai en plus. Heureusement, il ne s’agissait pas de mon chef direct.

Après, j’ai tout synchronisé avec mon ordinateur de boulot (fatal error) et je me suis retrouvée avec dans mon téléphone tous les contacts depuis… 1996 environ, plein de gens morts, plein de gens dont je ne sais plus qui ils sont et plein de gens importants que j’avais invités sur le plateau de Mise au Point.

Par exemple j’avais un numéro de portable pour Christoph Blocher. Mais j’avoue que je l’ai assez peu appelé ces quinze dernières années. Donc il faudra faire de l’ordre, ce qui n’est pas ma spécialité première, il faut bien le dire.

Et puis l’objet est plus volumineux qu’avant. Quand je vais faire mon footing, vu l’état de mes articulations, je prends toujours mon téléphone si jamais il faut appeler un taxi / une ambulance / un mari. Là, il faudra que j’achète un machin pour le fixer au bras. Avec déjà la montre GPS au poignet, la ceinture cardio sous les seins, les bidons, les gels, les mouchoirs, la casquette et la genouillère, c’est simple, je serai plus équipée que les Navy Seals du Team 6 qui ont zigouillé Ben Laden.

Oui les copains, on est entrés dans un monde merveilleux où l’on caresse plus son écran que son chéri, mais on n’est pas sortis de l’auberge.

Nos chroniqueurs sont nos hôtes. Leurs opinions ne reflètent pas forcément celles de la rédaction.

Auteur: Martina Chyba