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12 octobre 2015

Claude Etienne, le gardien de la vie sauvage

Claude Etienne exerce le métier de garde-faune dans le Jura bernois. Les tâches du Tramelot incluent la surveillance de la chasse, bien sûr, mais aussi la protection de l’environnement et la promotion de la nature.

Claude Etienne en train d'obersver aux jumelles dans la forêt
Claude Etienne en action dans son milieu de prédilection.

Par amour de la nature

«Je me réjouissais de troquer mon costard contre l’uniforme.» A 40 ans, Claude Etienne a commencé la formation pour devenir garde-faune. Une reconversion complète pour cet ancien employé du secteur de la mécanique de précision qui vendait le savoir-faire helvétique à l’étranger.

Dans certains pays, j’ai été très choqué des atteintes faites à l’environnement. Ce fut le déclic! J’ai décidé de réorienter ma carrière dans la protection de la nature.»

Aujourd’hui le Jurassien bernois de 47 ans est responsable d’un large secteur,
de Saicourt à La Ferrière, en passant par Tramelan, Tavannes et le vallon de Saint-Imier.

En ce mois d’octobre, période de l’année jusqu’à mi-novembre où le tir du chevreuil est autorisé, il surveille les faits et gestes des chasseurs en compagnie de Gribouille, son berger des Pyrénées. «Le but n’est en aucun cas de dénoncer un maximum de délits, mais de veiller à ce que tout se déroule dans les règles.»

Claude Etienne n’a jamais chassé, même s’il a passé son permis au cours de sa formation.

Beaucoup de gens critiquent les chasseurs. Pourtant ils jouent un important rôle de régulation: sans leurs tirs, des maladies décimeraient les populations.»

Environ une fois par semaine, le garde-faune utilise son arme pour abattre un animal blessé. «Ce n’est jamais par plaisir, mais par obligation.»

Une journée avec Claude Etienne

La chasse aux déchets.
La chasse aux déchets.

7h: déchetterie sauvage
«Au bord de la rivière la Trame, des déchets ont été entreposés illégalement. Des cas qui se font de plus en plus fréquents… Je prends des photos, repère s’il y a des indices pour en identifier les auteurs et prends contact avec la police municipale de la commune de Tavannes pour que le site soit nettoyé.»

A la rencontre des chasseurs.
A la rencontre des chasseurs.

8h: jour de chasse
«Dès les premières heures, je repère où les chasseurs se posteront. Je vais ensuite à leur rencontre à pied pour contrôler que tout se déroule dans les règles. Les rapports sont généralement très sympathiques avec la majorité d’entre eux. D’autres sont plus bourrus… Il faut savoir s’affirmer, tout en restant psychologue.»

Une tourbière à protéger.
Une tourbière à protéger.

11h: nature intacte
«Notre tâche consiste également à veiller à l’application des règles en vigueur dans les réserves naturelles. Dans cette tourbière à Bellelay, il est interdit de cueillir baies, mousses, champignons et lichens. Tout comme d’allumer un feu, de promener son chien sans laisse… et bien sûr, dans certaines zones, de chasser!»

Observer, écouter.
Observer, écouter.

12h: outil de travail
«La plus grande partie du métier consiste à observer. Il faut avoir l’œil mais également une oreille très fine pour repérer les animaux sauvages et les dérangements occasionnés par les activités humaines. Tout en restant discret, pour ne pas déranger les chasseurs.»

Claude Etienne inspecte un mirador d'où les chasseurs tirent les sangliers.
Claude Etienne inspecte un mirador d'où les chasseurs tirent les sangliers.

14h: à l’affût…
«Les chasseurs dressent parfois des miradors, d’où ils tirent le sanglier. Je contrôle que la construction soit conforme: aucune vis dans les arbres et pas de béton au sol comme fondation.»

L'arme du garde-faune.
L'arme du garde-faune.

«Flics de la forêt»
«Les gardes-faune du canton de Berne tout comme la police cantonale font partie des autorités de poursuite pénale, ce qui explique que nous soyons armés.»

Texte © Migros Magazine – Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Raffael Waldner