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12 mai 2014

Coaching scolaire, mode d’emploi

Lorsque les devoirs se transforment en épreuves de plus en plus insurmontables, le coaching scolaire offre une nouvelle façon d’aider.

Un enfant rechignant à faire ses devoirs.
Pour certains enfants, les devoirs sont une véritable torture. Mais pas d’inquiétude, des solutions existent. (photo Keystone)

Ah les devoirs à la maison, tout un poème. Et parfois une bien difficile équation. Agenda surchargé des parents comme des enfants, fatigue générale, démotivation, peur de l’échec: aider son enfant à bien travailler à la maison reste une gageure. Qui parfois tourne au cauchemar lorsque les résultats scolaires plongent en même temps que la motivation.

Que faire alors? En plus des structures de soutien scolaire mises en place par les cantons, il existe des répétiteurs, qui se chargent de faire réviser son vocabulaire ou ses équations à junior. Mais depuis quelque temps se développe également une offre de coaching en devoirs.

Qu’est-ce que ça change? «Les parents parlent de coaching et non plus de répétiteur lorsqu’il y a plus d’une branche en jeu», explique Isabel Perez.

Auteure d’un livre éclairant sur les problèmes scolaires, la jeune femme a ouvert il y a quatre ans à Lausanne IP Coaching, une structure répondant à un vrai besoin: une trentaine d’enseignants accueillent désormais chaque semaine quelque 70 élèves. «Mais pour moi, poursuit Isabel Perez, qui a elle-même enseigné dix ans au sein de l’école publique, la vraie différence se situe dans la manière de travailler. En plus du programme lui-même, nous tentons d’inculquer une vraie méthode de travail pour favoriser, à terme, l’autonomie de l’élève. Je parle d’une autonomie cadrée en vue d’une autonomisation.»

En général, le coaching scolaire se déroule une fois par semaine. Isabel Perez commence habituellement par réaliser un petit bilan organisationnel. Et se dit souvent surprise par des semaines vraiment très occupées avec des cumuls d’activités de loisirs laissant peu de place au travail à la maison.

Certes certains jeunes affirment ne rien avoir envie de faire et s’en ficher. Dans les faits, pourtant, je n’en ai jamais rencontré qui soient vraiment indifférents devant l’échec scolaire. Cette attitude je-m’en-foutiste constitue souvent une manière de se protéger.

Car pour la conseillère scolaire, la mise en place d’un effort durable passe toujours par une remise en confiance. «Il convient donc de se montrer attentif aux mots que l’on emploie. Il est inutile et contre-productif de rabaisser un enfant déjà en échec scolaire. Il vaut mieux valoriser ce qui va bien que d’appuyer sur ce qui ne marche pas.» Car retrouver la confiance en soi vaut aussi pour les parents. «Je rencontre rarement des parents démissionnaires. Et à vrai dire, je doute qu’il en existe tant que certains le disent. En revanche, je reçois souvent des parents dépassés affectivement ou pédagogiquement.»

But visé: l’autonomie des élèves

En fait, un(e) coach scolaire travaille sur le fond et la durée. Histoire que le jeune retrouve le plaisir d’apprendre et le sentiment de faire de son mieux. «Nous les aidons à acquérir des outils, à ce qu’ils puissent à terme se débrouiller par eux-mêmes.» En effet, une scolarité réussie passe aussi par une bonne planification et par une juste manière d’apprendre.

Il existe par exemple des façons plus efficaces que d’autres d’apprendre du vocabulaire.

La plupart des inscrits fréquentent l’institut entre six et neuf mois, soit une année scolaire maximum. «Avec davantage le souci de leur redonner le goût d’apprendre plutôt que de devenir premiers de classe.»

D’ailleurs, selon la conseillère pédagogique, si l’inquiétude parentale se comprend aisément, il faut parfois faire retomber un peu la pression. «Tout le monde ne peut pas aller en prégymnasiale. Et il existe des passerelles ultérieures, rappelle Isabel Perez qui en sait quelque chose pour en avoir elle-même profité après avoir commencé un apprentissage. Alors il vaut parfois mieux se donner un peu de temps pour se remettre au travail sur de bonnes bases.»

Voilà d’ailleurs l’un des atouts du coach scolaire, mais aussi de toute personne extérieure à la famille: l’absence de cet enjeu affectif, qui rend souvent les interactions entre parents et enfants compliquées, au point que certains enfants se montrent incapables de faire leurs leçons avec papa ou maman.

Cela marche-t-il pour autant à tous les coups? Isabel Perez serait tentée de répondre que oui, le coaching scolaire donne fréquemment de bons résultats. «De toute manière, je dis toujours aux parents que je rencontre au préalable qu’après trois séances leur enfant doit dire si quelque chose ne va pas. Il arrive parfois que l’on change de coach et ça ne pose pas de problème.»

Mais évidemment, si les problèmes scolaires trouvent leur source dans un déficit d’attention ou un trouble de l’apprentissage, le coaching seul ne suffira pas. En revanche, il peut servir d’utile complément.

© Migros Magazine – Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey