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24 novembre 2014

Comme un cadeau

Auteur-compositeur-interprète, Cat’s eye, alias Benoît Perriard, sort ces jours son quatrième CD. Un nouvel opus auquel Gerry Leonard, le guitariste de David Bowie, a participé. Pour le Fribourgeois, c’était Noël avant l’heure.

Cat’s eye, alias Benoît Perriard
Cat’s eye, alias Benoît Perriard: «J’adore voyager et les grandes villes m’inspirent.»

Posé, l’air juvénile, le Fribourgeois Benoît Perriard, plus connu sous le pseudonyme de Cat’s eye , joue la carte du contre-emploi dans un monde du rock plutôt habitué aux excès en tous genres.

Pourtant, sous la façade presque bon chic bon genre, se cache un auteur-compositeur-interprète dont les morceaux flirtent entre le folk et le rock et fleurent les grands espaces avec leurs mélodies fluides et un groove qui rappellent parfois les années 1960. Surtout, notre homme n’a pas froid aux yeux. Pour son quatrième album, The Many Lives , il s’est adjoint les services de Gerry Leonard , le guitariste et directeur musical de David Bowie. Ni plus ni moins.

«Je l’ai rencontré à Guin, à la fin d’un concert de Suzanne Vega qu’il accompagnait. Je l’ai simplement abordé et nous avons commencé à discuter. Il s’est intéressé à moi et m’a demandé de lui envoyer des titres précédents.»

«J’ai pensé que c’était un gag»

Quelques semaines plus tard, un courriel parvient à Cat’s eye indiquant que l’Américain aimait son travail et qu’il souhaiterait collaborer avec lui, malgré un emploi du temps déjà bien rempli. «J’ai bien sûr pensé à un gag.» Ce n’en était pas un.

Les deux se revoient par la suite à Genève avant de collaborer à distance en s’envoyant des fichiers comportant les lignes mélodiques. «Gerry Leonard a travaillé les parties guitare. J’ai été très ému la première fois que je les ai entendues, car il a compris l’esprit que je voulais donner à l’album.

Je considère sa participation comme un authentique cadeau.»

Cat’s eye est donc né sous une bonne étoile. «Je suis assez rêveur, et l’inspiration vient naturellement. Je chante, et les accords s’enchaînent au feeling. Ensuite, pour les arrangements, il y a davantage de réflexion. Dans l’ensemble, je suis content du résultat. Je retrouve toutes les couleurs que je souhaitais y mettre. Surtout, je voulais éviter les effets de mode; je cherche l’intemporel.»

Encore une chose. L’album de Cat’s eye s’appelle The Many Lives parce que Benoît Perriard aime l’idée qu’un simple objet puisse être le témoin muet d’une multitude de destins qui se croisent ou se rencontrent dans un lieu aussi banal qu’une station-service.

Toutefois, le titre de l’opus traduit aussi une autre réalité puisque le Fribourgeois mène une double vie. Il est musicien la nuit ainsi que les week-ends et, le jour, il écrit une thèse en psychologie.

C’est le côté intellectuel de ma vie. Le côté musical est, lui, beaucoup plus instinctif. Au final, ces deux parties se complètent bien, et j’aime passer de l’un à l’autre.»

Cela dit, si Benoît Perriard pourrait se passer, à regret, du monde académique, Cat’s eye, lui, ne peut envisager une vie sans musique. «La musique transmet des émotions inexplicables et la construction des grandes chansons conserve encore et toujours sa part de mystère. L’effet qu’elles peuvent avoir sur les mélomanes me fascine.»

Vernissage du CD: le 28 novembre à 21 h 30 au Nouveau Monde de Fribourg, suivi d’une tournée en Suisse romande.

© Migros Magazine – Pierre Wuthrich

Auteur: Pierre Wuthrich

Photographe: Ruben Wyttenbach, Istockphoto,