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29 mai 2012

Comme un lundi…

Ancien chef de la rubrique sportive du «Temps», Simon Meier vient de lancer «Bloody Monday», un magazine en ligne pour parler autrement du foot.

Simon Meier, assis dans un fauteuil de cuir
Ce que Simon Meier pense de la troisième mi-temps: «C’est ma mi-temps préférée. La fascination du foot est là: dans ce qu’il suscite chez les gens, avant, pendant, et après.»

Bloody Monday! Autrement dit: foutu lundi. Allusion à ces pénibles débuts de semaine que connaissent bien les supporters des équipes de foot – certains plus souvent que d’autres. Bloody Monday, c’est donc, dorénavant, un magazine en ligne consacré uniquement et passionnément à la reine de toutes les disciplines. Une initiative de Simon Meier, ancien chef de la rubrique sportive du Temps.«Pour éloigner, raconte-t-il, le risque de devenir trop tôt un vieux con aigri». A 38 ans, c’eût été en effet dommage.

Son amour du ballon rond, il le qualifie pourtant «d’ambigu. Comme toutes les amours». Une passion enfantine, d’abord, comme gardien de but, entre 8 et 17 ans, à Jonction, Servette, puis Carouge: «A cette époque le résultat d’un match déterminait la couleur de toute ma semaine.»

«L’occasion de retrouver le droit de m’enflammer»

Alors plus tard, journaliste sportif, c’était peut-être «comme être prof de dessin parce qu’on n’a pas réussi à devenir peintre». Un rôle d’observateur qui présente l’inconvénient de la retenue. «Bloody Monday, c’est aussi l’occasion de retrouver le droit de m’enflammer quand j’ai envie de m’enflammer».

Simon Meier entend jongler avec toute une série d’équilibres: «Entre le foot des talus et celui des paillettes, entre la Suisse et l’international, entre les compétitions et les coulisses économiques, politiques et sociales qui l’accompagnent.» Enfin Simon Meier assume le cliché du foot comme école de vie: «Ça m’a fait du bien de plonger dans la boue. Ça m’a appris à comprendre qu’on gagne ensemble, qu’on est triste ensemble. Comment pardonner, aussi, et se faire pardonner.»

Que ceux qui cherchaient une façon moins abrutie de suivre l’Euro à venir, ne cherchent plus. Ils ont trouvé.

Un héros

Lev Yachine en action
Lev Yachine en action

«Lev Yachine, l’araignée noire, gardien soviétique mythique, tentaculaire, infranchissable. Le côté sombre de la force aussi.»

Un présent

Un cadeau pour Papa!
Un cadeau pour Papa!

«Un cadeau de mon fils qui devait avoir 5 ou 6 ans. Aujourd’hui il en a 12 et il en est tout gêné. Je lui explique qu’au contraire ce panda et son bébé sont la preuve qu’un des plus vilains objets du monde peut être aussi le plus beau. Une grande leçon.»

Couverture du roman de Céline
Couverture du roman de Céline

Un livre

«Voyage au bout de la nuit: Mon amour des mots vient beaucoup de ces mots-là, cette musique-là, ce rythme-là. Céline, ça donne la patate: avec lui on se rend compte qu’il y a eu et qu’il y aura des gens bien plus dans la merde que nous».

Un film

Pochette du DVD "Eyes wide shut"
Pochette du DVD "Eyes wide shut"

«Eyes Wide Shut: sans Kubrick, pas de cinéma, et sans cinéma pas de vie. J’adore ce titre, les yeux grands fermés, qui prouve que même les yeux grand ouverts, on ne peut pas tout voir. N’est-ce pas une des subtilités du couple?»

Une épice

Piments de la Basilicate
Piments de la Basilicate

«Ce piment vient d’Italie du sud, de la Basilicate, une région magnifique. Le piment c’est important. Il faut en mettre dans tout, tout le temps, beaucoup.»

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Loan Nguyen