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12 septembre 2016

Comment choisir son coach

Sandrine Viglino a testé le coaching. Elle nous fait part de ses expériences cette semaine dans sa chronique.

Sandrine Viglino.

En 2016, pour réussir, il faut avoir son banquier (si t’es valaisan et que tu as hérité d’un terrain pour construire), son avocat (si t’es valaisan et que ton terrain pour construire est en zone non constructible), son médecin (bon ça, c’est obligé et, si t’es valaisan, c’est le frère de l’avocat) et son psy (si t’es valaisan, faut pas que ça se sache. En plus, c’est le cousin de l’avocat). Mais il faut surtout avoir son coach.

Ça nous vient des sportifs. Un skieur a besoin d’un coach pour lui accrocher les chaussures, un nageur a besoin d’un coach pour lui mettre la crème solaire où il arrive pas, un sauteur à la perche a besoin d’un coach pour lui dire où planter sa perche... Et bien, le coach de vie, il te dit aussi où planter ta perche de vie (c’est une image). Avant, c’était le pasteur ou le curé qui faisait office de coach de vie (si t’es valaisan, c’est encore le curé).

J’ai testé pour vous le «coach sportif». C’est celui qui oublie de te dire qu’il y a 99 francs pour les frais de dossier. En plus de l’abonnement. J’ai pas osé dire que 99 francs pour sortir une feuille de l’imprimante, ça faisait cher. Du coup, j’ai payé et j’ai pris un «coach de vie» pour arriver à dire «non». Il m’a fallu 25 séances à 120 balles pour arriver à lui dire «Non, je n’ai plus besoin de revenir chez vous.» Pour le fitness, j’avais pris l’abonnement deux ans, c’est moins cher. J’y suis donc retournée pour démissionner. Deux fois en deux ans, ça fait un bon rythme. Le succès vient avec le choix du coach! Comment reconnaît-on un bon coach? Quand on n’en a plus besoin.

J’ai aussi essayé «coach en zénitude du foyer». Ils te font vendre tous tes meubles, ta déco, et tu te retrouves dans un appartement vide («vide» en coach, on dit feng-shui). Coach «vie de couple». Ils maîtrisent à fond les relations de couple, comme ils ont divorcé cinq fois. «Coach en finances». C’est en général un pote qui t’explique qu’il a une combine pour te placer ton argent à 12% d’intérêt sans risques. Bon, en général c’est un pote fauché.

Aujourd’hui que j’ai testé tous les coachs, j’hésite à devenir coach. Je sais pas si vous avez remarqué, vos amis qui changent 125 fois de métier, qui sont toujours un peu paumés dans la vie, y’a toujours un moment où ils finissent par devenir coach. Ou humoriste?

Texte: © Migros Magazine | Sandrine Viglino

Auteur: Sandrine Viglino