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2 février 2015

Conduire en hiver n’est pas une mince affaire!

On l’a attendu, il est enfin là! L’hiver, ses flocons et ses frimas sont venus embellir nos paysages et semer le chaos sur nos routes. Pas de panique! Voici quelques conseils pour une conduite hivernale en toute quiétude.

Dessin d'une famille poussant sa voiture sur un chemin fortement enneigé
L’arrivée massive de la neige constitue souvent un défi pour les automobilistes, mais être bien équipé et avoir les bons réflexes permet d’en réduire les désagréments.

Soyez parés dès le départ

«Sauve qui pneu!»

Saviez-vous qu’une voiture qui roule à 80 km/h sur une route enneigée mettra 70 mètres à s’arrêter avec des pneus d’hiver, contre 112 mètres avec des pneus d’été?

En Suisse, il n’y a aucune obligation légale d’équiper son véhicule avec des pneus neige. Cependant, les conducteurs sont tenus de maîtriser leur véhicule en toute circonstance.»

Un automobiliste qui provoque un accident sur une route enneigée avec une voiture mal équipée peut se voir confronté au refus de prise en charge par son assurance automobile, qui peut même se retourner contre l’assuré fautif par négligence... Ce à quoi s’ajoutent les applications de la loi pour perte de maîtrise du véhicule. Il est donc plus que recommandé de rouler avec des pneus adaptés et en bon état.

Que votre voiture soit une propulsion, une traction ou un 4x4, peu importe la monture, il est primordial de chausser les quatre roues de pneus d’hiver, car équiper une auto à moitié peut s’avérer encore plus dangereux. Ainsi, une voiture de type traction risque plus fortement de faire des travers dans les virages ou au freinage si elle n’a que deux pneus neige. A contrario, seules les roues motrices seront chaînées, évidemment uniquement s’il y a de la neige, et en roulant à faible vitesse.

La raclette n’est pas qu’un fromage

Raclez, mais raclez bien! En ne dégageant pas entièrement pare-brise, vitres latérales, toit et capot, vous mettez en danger la vie des occupants du véhicule et celle des autres usagers. Qui plus est, les contrevenants encourent de graves conséquences financières et juridiques qui peuvent aller jusqu’au retrait de permis. Le dégivrage n’est donc pas à prendre à la légère.

L’Ordonnance sur les règles de la circulation routière est stricte à ce propos: le pare-brise et les vitres doivent toujours être propres et dégagés (Art. 57 al. 2). Et l’article 29 de la Loi fédérale sur la circulation stipule que «les véhicules doivent être construits et entretenus de manière à ce que les règles de la circulation puissent être observées, que le conducteur, les passagers et les autres usagers de la route ne soient pas mis en danger». Prévoyez donc toujours dix minutes de plus avant de prendre la route pour effectuer un dégivrage dans les règles de l’art sans vous mettre en retard!

Sur la route

Prenez le temps

Les conditions hivernales ralentissent considérablement le trafic. Avant de prendre la route, surveillez météo et infos trafic et, si les conditions sont mauvaises, partez plus tôt en prévoyant au moins 20% de temps de trajet supplémentaire. En cas de doute, n’hésitez pas à prendre les transports en commun; comme le dit l’adage, prudence est mère de sûreté.

Voir et être vu

Assurez-vous d’avoir assez de liquide lave-glace avant de prendre la route: en cas de projections de sel sur un pare-brise, celui-ci peut vite s’obstruer et annihiler la visibilité. En cas de tempête de neige, allumez les feux de brouillard, cela permettra aux autres usagers de mieux repérer votre véhicule et d’avoir une meilleure appréhension de votre position.

Démarrage

Démarrez en douceur, en particulier pour les démarrages en côte. Dans la mesure du possible, on démarre avec les roues droites, dans l’axe du véhicule, et on lâche l’embrayage avec délicatesse. Si votre voiture est pourvue d’un système antipatinage (ESP) et qu’elle est immobilisée, paradoxalement, vous pouvez déclencher l’ESP afin d’obtenir plus de puissance jusqu’à la mise en mouvement. N’oubliez pas de le réactiver une fois le véhicule engagé.

Roulez prudemment

Respectez les distances de sécurité et an-ti-ci-pez! Non seulement les véhicules mettent plus de temps à s’arrêter sur sol glissant, mais un freinage brusque dans ces conditions peut avoir des conséquences désastreuses en provoquant une perte de maîtrise. La plupart des véhicules récents sont équipés de systèmes antipatinages efficaces, mais rien ne sert de tenter le diable! Les freinages secs et les accélérations brusques sont à proscrire, que ce soit sur la neige ou sur le verglas.

En descente, pour limiter sa vitesse, on favorisera le frein moteur plutôt que de freiner. Là encore, il est indispensable de bien respecter les distances de sécurité et de rouler à une allure modérée.

Et si ça glisse?

Si vous sentez que l’avant ou l’arrière de votre véhicule part en glissade, débrayez plutôt mais ne freinez pas. En débrayant, les 4 roues s’accordent pour tourner à la même vitesse et le véhicule devrait se stabiliser.

Si c’est l’arrière qui se dérobe, il vous faut regarder loin devant et braquer dans la direction où vous voulez aller en rectifiant si besoin avec des mouvements calmes. Toutefois, si l’angle de trajectoire que prend votre véhicule dépasse les 45° par rapport à la direction de la route et que le tête-à-queue devient inévitable, enfoncez le frein. Dans ce genre de cas extrêmes, la voiture tournera comme une toupie, mais limitera les risques de sortie de route. Rappelons tout de même que la meilleure des sécurités est de rouler à une vitesse adaptée!

Relax sur la glace

Vous n’êtes pas à l’aise sur les routes en hiver ou à la montagne? Prenez un cours de conduite sur neige! Cette formation sera un investissement gagnant qui vous permettra d’arpenter les routes enneigées avec plus d’assurance et d’optimiser votre sécurité et celle des autres usagers. Pour y participer, renseignez-vous auprès du TCS. Bonne route!

Texte: © Migros Magazine – Leïla Rölli

Auteur: Leïla Rölli

Photographe: Konrad Beck