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8 septembre 2014

Confiant en l’avenir

Kurt Eberhard, nouveau CEO d’Hotelplan Suisse, nous parle du projet de partenariat avec Germania, du boom des ventes en ligne et de la pertinence de l’existence des agences de voyages.

Kurt Eberhard
Avec Kurt Eberhard, CEO d’Hotelplan Suisse, ici devant le siège du voyagiste à Glattbrugg (ZH), les vacances ne sont jamais bien loin (photo: Simon Tanner).

Vous êtes à la tête d’Hotelplan Suisse depuis le mois de juillet. Dans quel état avez-vous trouvé la société?

Je suis membre de la direction depuis plus de quatre ans et n’ai donc pas eu de surprises en prenant mes fonctions. Les grands chantiers de restructuration sont derrière nous. L’entreprise est solide.

A peine arrivé, vous avez annoncé la création d’une nouvelle compagnie aérienne en partenariat avec Germania. Quels seront les avantages pour les voyageurs?

Avec cette nouvelle collaboration – le contrat devrait être signé ces prochains jours –, nous pourrons proposer dès l’année prochaine de nouvelles connexions, notamment des vols charters vers la Turquie ou l’Egypte, sous réserve de l’approbation de l’Office fédéral de l’aviation civile. En effet, comme l’avion battra pavillon suisse, nous devrions être autorisés à quitter l’espace aérien européen, ce qui nous était interdit avec notre partenaire tchèque, qui n’avait par exemple pas le droit d’assurer une liaison Genève-Hurghada. Autre avantage: nous proposerons un service avec des standards de qualité suisse.

Vous parlez de qualité suisse. Toutefois, comme son nom l’indique, Germania est une compagnie allemande…

Oui, mais Germania Flug, la filiale qui exploitera notre avion, est suisse. Et en tant que partenaire, nous exigerons un niveau de qualité répondant aux attentes des Suisses. Ainsi, nous aurons notre mot à dire sur les menus proposés en vol et sur l’équipage. Celui-ci devra au moins maîtriser deux langues nationales.

L’offre va-t-elle aussi être étoffée au départ de Genève?

C’est à voir. Pour le moment, les principales rotations se feront depuis Zurich.

L’exercice 2013-2014 sera clos fin octobre. Comment les affaires ont-elles évolué durant cette période pour Hotelplan Suisse?

Je qualifierai l’année écoulée de bonne. Elle n’est ni mauvaise ni excellente. Après une stagnation ce printemps, les réservations sont reparties à la hausse, et nous comptons pouvoir boucler l’exercice dans les chiffres noirs.

Qu’en est-il du groupe Hotelplan, déficitaire depuis plusieurs années?

Les affaires vont bon train, par exemple pour Hotelplan UK et Interhome. Pour Hotelplan Italia, des mesures drastiques ont été prises mais portent leurs fruits. Sauf incident, le groupe Hotelplan pourrait enfin quitter fin octobre les chiffres rouges.

Hotelplan Suisse a lancé il y a deux ans un système dynamique de réservations en ligne permettant de répondre à presque n’importe quelle demande des clients. Etes-vous satisfait des ventes?

Oui, plus de 40000 formules individuelles ont été créées par nos clients cette année. Ces chiffres ont dépassé toutes nos espérances. Au total, les ventes en ligne ont progressé de 30%.

La tendance est mondiale. Les sites comme Booking ont aussi le vent en poupe. Qu’avez-vous envie de dire aux internautes qui vont sur ce genre de plateforme?

Tout d’abord que les offres que nous proposons en ligne ont été conçues ou testées par nos collaborateurs. Nous connaissons donc ce que nous vendons. Ensuite, j’aimerais rappeler que nous existons physiquement. Avant une réservation, nous pouvons conseiller les voyageurs, car on ne trouve pas toutes les informations dont on a besoin sur internet. Enfin, il ne faut pas oublier que nous sommes en tout temps prêts à accompagner les vacanciers à travers le monde en cas de pépins. Lorsque le volcan islandais a fait des siennes, j’ai rencontré pas mal de passagers en transit complètement désœuvrés. Ils ne savaient pas vers qui se tourner, car ils avaient réservé eux-mêmes leur vol.

Un réseau d’agences géré par un voyagiste traditionnel est donc toujours d’actualité.

Bien sûr. Je suis confiant pour l’avenir.

De plus en plus de voyageurs réservent cependant via le site Airbnb des appartements de particuliers ou échangent leur maison. Est-ce là un nouveau comportement durable?

Pour moi, il s’agit plutôt d’une mode. Je pense que les Suisses sont attachés à la préservation de leur sphère privée. Cela étant, nous observons cette évolution et avons réagi. Dès la fin de l’année, hotelplan.ch et vacances-migros.ch proposeront des appartements Interhome à coupler avec, par exemple, un vol.

Autre ajustement: la marque Voyages Denner va disparaître fin octobre…

Oui, car nous avons adapté notre portefeuille. Cela dit, nous continuerons de proposer des offres, qui viendront d’Hotelplan, dans la brochure du discounter. Quant à nos autres marques, elles connaissent aussi quelques réajustements. Nous avons par exemple développé notre offre «Soley-Balnéaire» de Globus Voyages, réunie dans trois catalogues. De son côté, Tourisme Pour Tous présente de nouveaux circuits, notamment au Sri Lanka ou au Maroc . Et Hotelplan propose des vacances lointaines à la plage, nouvellement avec des destinations comme Bali ou Dubai.

© Migros Magazine – Pierre Wuthrich

Auteur: Pierre Wuthrich