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20 juin 2016

Conseil fédéral: fuite et fin

La chronique de Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet.

Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet.

On se souvient qu’il y a quelques semaines, invectivée par l’UDC Roger Köppel qui s’en prenait à sa politique d’asile, Simonetta Sommaruga avait brusquement quitté la salle du Conseil national. La conseillère fédérale a finalement donné une explication inattendue à cette sortie subite: elle avait un besoin pressant d’aller aux WC. Comme quoi au Parlement, le plus contraignant, ce n’est pas l’assemblée plénière, mais les commissions...

Mais l’incompétence est parfois plus cruelle que l’incontinence. Guy Parmelin a été lui aussi victime d’une fuite. Le Blick a révélé qu’il a défendu auprès de ses collègues une exonération fiscale pour les agriculteurs qui vendent un terrain à construire, alors que lui et son frère allaient pouvoir profiter largement d’une telle mesure. Pourtant, un vigneron de Bursins (VD) qui arrête de faire du vin, c’est plutôt une bonne nouvelle.

Mais l’avis des juristes est formel: lorsque le Conseil fédéral traite un sujet qui touche de près un de ses membres, il y a conflit d’intérêts, et le conseiller fédéral concerné doit impérativement se récuser et laisser ses collègues discuter sans lui. Par exemple, si l’exécutif évoque les clowns d’hôpitaux, Johann Schneider-Ammann doit quitter la salle. Si les sept Sages statuent au sujet des quotas d’emplois pour les handicapés, Ueli Maurer a l’obligation de sortir. Une affaire louche: Doris s’absente. En revanche, en cas de débat sur l’énergie, Didier Burkhalter peut sans problème assister à la séance.

Mais la récusation a ses limites: au Vatican, lorsque le conclave a dû se prononcer sur le mariage pour tous, la moitié des cardinaux ont quitté l’assemblée et le vote a été invalidé.

Au Gothard, le tunnel ferroviaire à peine inauguré, on reparle déjà de doubler la capacité du tunnel routier, situé 500 mètres plus haut. Ueli Maurer lui a d’ailleurs fait une promesse solennelle: «Je vais t’ouvrir un deuxième tube.» Une réplique qu’il a sans doute piquée à Rocco Siffredi, dans Rocco et les nonnes...

Enfin, je ne peux pas rester insensible à cette décision étonnante d’une commune de Bâle-Campagne qui a refusé de naturaliser une famille albanaise installée en Suisse depuis plus de dix ans, sous prétexte qu’ils «se promènent trop souvent en survêtement»... Si on supprime la nationalité suisse à tous les Albanais en training, l’équipe de Suisse va être décimée!

Texte © Migros Magazine – Marie-Thérèse Porchet