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16 février 2015

Coup de bar

La chronique de Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet.

Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet photo
Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet.

Ça y est, c’est officiel: à Genève vient d’ouvrir le premier bar à chats. Vous pouvez dorénavant vous détendre et oublier le stress en caressant des petites boules de poil. C’est le même principe que les bars à chattes, en beaucoup moins cher!

Il faut dire que depuis quelques années, la grande mode chez les gens qui se lancent dans le commerce, c’est d’ouvrir un bar. Bar à vin, à bière, à pâtes ou à raclette. Bar à huîtres, au comptoir duquel on peut récolter quelques perles. Bar à soupe, où on peut écouter religieusement les dernières compositions d’Alain Morisod. Bar à tapas si on aime l’Espagne, ou bar à tapettes si c’est du côté de Sitges ou de la Grande Canarie (qui est aussi le surnom du patron).

Bars à sourire, où on vous blanchit les dents, à ne pas confondre avec les bars où-on-fait-la-gueule, plus connus à Lausanne ou à Genève sous le nom de «taxis». Pour évacuer le stress et respirer une bonne dose d’air pur, il y a les bars à oxygène, qu’on fréquente volontiers après un bar à cassoulet. Plus original, originaire des pays chauds, le bar à sieste, qui a donné son nom à la plupart des cafétérias dans les services de l’administration. Plus étonnant, le bar à purée, qui n’est pas seulement le titre d’un DVD que vous avez acheté à la station-service un soir de grande solitude…

Pour les fins gastronomes qui apprécient le poisson méditerranéen, on ne va pas tarder à trouver des bars à loups, que les connaisseurs appelleront bars à bars. Ou bars à loubards, selon l’heure et le quartier. Il ne faudra sans doute pas longtemps avant qu’on ne voie apparaître aussi des bars à thym, pour les filles qui aiment qu’on leur fasse la cour. Ou pourquoi pas un bar à cuda, pour les fans de l’Agence tous risques ou d’Alexandrie Alexandra!

Enfin, les deux établissements qu’on espère ne jamais voir ouvrir, c’est le Caram Bar où on vous raconte des blagues à deux balles. Et le Allaouak Bar, où vous prenez deux balles quand vous racontez une blague…

NOTE: Les spécialistes de la politique genevoise m’en auraient voulu si je n’avais pas cité le Bar Thassat, bistrot préféré des grévistes TPG, et le Bar Azzone, où on noie son chagrin lorsqu’on est seul PDC dans un exécutif de gauche!

Auteur: Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet