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25 avril 2016

Coup de foudre à Paléo

Ils étaient venus passer une soirée comme les autres au festival et en sont repartis avec l’amour de leur vie. Rencontre avec trois couples qui se sont formés par une belle nuit de juillet sur la plaine de l’Asse (VD).

Le Paléo Festival est propice aux rencontres amoureuses...

La musique adoucit les mœurs, dit l’adage. Parfois jusqu’à faire battre les cœurs. C’est ce qui est sans doute arrivé à plus d’un festivalier au Paléo Festival de Nyon (VD). Flasher sur un beau brun venu écouter le même concert, avoir eu le cœur chaviré par une fille rencontrée par hasard dans la file du stand de cuisine chinoise ou se rapprocher en bossant ensemble dans le staff des bénévoles, la foudre frappe à tous les endroits dans l’ambiance festive du festival désormais quadragénaire. Pour Migros Magazine, trois couples nés sur le terrain de l’Asse ont ouvert le livre de leur rencontre. Et qui sait, peut-être ferez-vous partie des prochains!

Paléo festival Nyon 40+1, du 19 au 24 juillet 2016 programme sur www.paleo.ch

«On s’est embrassés au concert des Innocents»

Sandra et Fabrice Chevalley, Morges (VD)

«Chaque année, on fête notre rencontre à Paléo.» Et pour cette 41e édition, Sandra et Fabrice célèbrent rien de moins que les vingt ans d’un amour né sur la plaine de l’Asse un soir de juillet 1996. Le 27 très exactement. «On s’est rencontrés le 26 et embrassés le lendemain pour la première fois au concert des Innocents», annoncent-ils d’une seule voix. Le concert? «On ne s’en souvient pas vraiment», répondent-ils un sourire en coin. Les deux tourtereaux n’avaient que 17 ans et pour Sandra la Nyonnaise, c’était son premier Paléo. «Je n’avais pas vraiment envie d’y aller. La foule, tout ce bruit, ça ne m’intéressait pas. C’est une amie qui m’a poussée. Elle m’a dit: «Tu es Nyonnaise, tu dois faire Paléo!» C’est donc à reculons qu’elle se rend avec son amie devant la fontaine, lieu de rendez-vous. «Fabrice est arrivé. Il avait rendez-vous avec nous, car c’était l’ex de ma copine et ils étaient restés en bons termes.» Et...?

Ben, j’étais davantage intéressé qu’elle, j’avoue que j’ai dû ramer!»,

confesse Fabrice. «Disons que j’ai été séduite par ton humour», rétorque Sandra. Heureusement, ramer à 17 ans ne prend pas trop de temps. Le lendemain soir, Fabrice enlace sa belle sous le Chapiteau et le couple ne se quitte plus. Fidèles, ils le seront aussi à Paléo puisqu’ils n’ont pas manqué une édition en vingt ans.

Mieux, ils sont devenus de vrais paléophiles en franchissant dès l’année suivante la porte du camping. «On a passé des années sous tente, puis on nous a donné un camping-car, alors on s’est un peu embourgeoisés, rigole Fabrice. On est toute une équipe de copains, c’est un peu nos vacances», explique Sandra. Les deux amoureux fêtent d’ailleurs chaque année leur rencontre avec leurs amis.

Leur seule infidélité au festival est la demande en mariage de Fabrice à Sandra, il y a trois ans, lors de la Cantonale des Jeunesses à Colombier à la fin du spectacle de Yann Lambiel. «C’est un ami, et comme je voulais faire les choses en grand, je lui ai demandé de pouvoir monter sur scène et il a accepté. J’ai donc fait ma demande à Sandra qui était sur scène avec moi devant 1500 personnes. C’était vraiment impressionnant!»

«Je lui ai offert l’affiche de Paléo pour notre première année»

Isabelle et Benoît, Nyon (VD)

Son joli ventre rebondi ne trompe pas. Oui, ces deux-là sont bien ensemble. Et si Isabelle et Benoît attendent un heureux événement à fin juin, c’est un peu grâce à Paléo. «On s’est rencontrés en 2013, un soir où j’étais venue avec des amis, se souvient Isabelle. Benoît était avec un groupe de copains dont certains connaissaient les miens et nous nous sommes retrouvés autour de la même table. Quand j’ai demandé où étaient les toilettes les plus proches, il m’a dit qu’il en venait et a proposé de m’y accompagner. On s’est dit «salut» et on a commencé à rigoler.» Chemin faisant, «j’ai senti qu’elle avait envie qu’il se passe quelque chose», raconte en souriant Benoît. «Il m’a sauté dessus!», se marre Isabelle. Les deux amoureux rentrent chacun de leur côté avant de se retrouver le lendemain, car

on avait par hasard pris des billets pour les mêmes soirs»,

poursuit Benoît.

Paléo terminé, le couple ne se quitte plus et décide rapidement d’emménager ensemble. Benoît vit et travaille dans la région lausannoise et Isabelle à Genève. Il faut donc trouver un compromis. Ce sera Nyon, évidemment. «Comme cela, on est à côté de Paléo!», plaisantent les deux amoureux. Chaque année, on y passe une ou deux soirées. On organise d’abord un barbecue chez nous l’après-midi avec des amis et ensuite nous y allons tous ensemble. «Ce qu’on aime à Paléo? L’ambiance, répon­dent-ils d’une seule voix. On va rarement voir des concerts. On préfère passer du bon temps avec nos amis et manger un sandwich au canard ou un curry au Tuc-Tuc, deux incontournables.»

Côté cœur, Benoît a bien failli demander sa belle en mariage en plein festival. «Seulement, j’avais tellement peur de perdre sa bague de fiançailles que j’ai fait ma demande juste après être allé l’acheter.» Pas grave, le couple a pris l’habitude de fêter l’anniversaire de sa rencontre sur le terrain de l’Asse. Témoin de la naissance de leur amour, l’affiche de l’édition 2013 est d’ailleurs placardée dans leur salon: «Je lui ai offert cette affiche pour notre première année», raconte Isabelle. Et si, cette année, ils ne pourront pas profiter de Paléo comme à l’accoutumée, arrivée du bébé oblige, «on trouvera une baby-sitter pour aller y passer une soirée!»

«Il m’a demandée en mariage au mégaphone au bar des musiciens»

Paloma et Stéphane Conne, canton de Vaud

«Quand je l’ai vu, quelque chose en lui m’a tout de suite plu. Il était imposant, comme un grand nounours.» Paloma a 22 ans lorsqu’elle décide de se lancer dans l’aventure Paléo en tant que bénévole. C’était en 2007, et la jeune femme qui habitait encore chez ses parents à Genève allait faire une rencontre qui allait marquer le cours de sa vie: celle de Stéphane, quinze éditions au compteur, devenu depuis son mari et le père d’Océane, leur fille de 2 ans et demi. «Je n’avais jamais mis les pieds au Paléo et pour cette première fois, je voulais intégrer une équipe où il y ait du contact avec les festivaliers», raconte- t-elle. Ce sera donc la «SI» – pour sécurité intervention – du camping au son des bamboulééééé!!!!! et des djembés.

Le staff est organisé en petits groupes chaperonnés par un ancien et Paloma rejoint celui de Stéphane, pas franchement ravi d’accueillir des bleus. «Le premier jour, elle est arrivée en tongs, rigole-t-il. Je lui ai fait remarquer qu’il faudrait qu’elle change de chaussures, car ce ne serait pas très pratique pour courir lors des interventions...» Le coup de foudre a-t-il eu lieu? Plutôt un rapprochement en douceur, résume Paloma. «A l’époque, j’étais en train de faire ma formation d’ambulancière et lui travaillait déjà en tant que dépanneur sur les accidents de la route.

On est rapidement devenus complices.»

C’est d’ailleurs «le coup de la panne» que Stéphane tente le troisième jour de festival, à l’heure de la pause. «Son job l’appelait pour aller dépanner dans le coin et il m’a proposé de l’accompagner, se souvient-elle. Il ne s’est rien passé ce jour-là, mais on s’est rapprochés.» Leur premier baiser est échangé le jeudi 24 juillet «dans un hamac, derrière le camping-­car d’un membre du staff».

Trois ans après leur rencontre, son homme, comme elle l’appelle, se lance dans une demande en mariage en grande pompe: «Il a fait sa demande au mégaphone devant 3000 personnes au bar des musiciens le dernier soir du festival. J’étais juchée sur les épaules d’un copain et tout le monde a applaudi. Puis on a fêté ça!» «Je n’ai jamais fini dans un tel état!», se marre Stéphane. En neuf ans, le couple n’a manqué à l’appel de la SI du camping qu’une fois, lors de la naissance de leur fille en 2013. «J’ai dû passer mon tour», lâche, fataliste, Paloma. On lui souhaite de le passer à nouveau dans le futur.

Texte © Migros Magazine – Viviane Menétrey

Auteur: Viviane Menétrey

Photographe: Yannic Bartolozzi et Pierre Descombes