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12 décembre 2011

Crise de l’euro:
 Migros est bien armée

Même en temps de crise économique, Migros investit dans la place économique suisse. Tout en mettant l’accent sur la qualité helvétique, la proximité avec ses clients, les produits régionaux et le développement durable.

Les interviewés posent ensemble
Sur le front: Herbert Bolliger, président de la Direction générale Migros, Stéphane Garelli, professeur à l’IMD de Lausanne, Thomas Jordan, vice-président du directoire de la BNS, et Claude Hauser, président de l’administration Migros (de g. à dr.)

Comme conséquence de la crise économique et financière actuelle, le commerce de détail helvétique a fortement reculé ces derniers mois. C’est donc tout naturellement ce thème qui a notamment occupé les participants à la 51e Conférence des membres de l’administration et des présidents des comités coopératifs de Migros.

«Le commerce de détail se trouve dans une situation de concurrence qu’il n’a plus connue depuis longtemps», a constaté Claude Hauser, président de l’administration Migros. Ainsi, les sociétés coopératives proches de la frontière connaissent une baisse considérable de leur chiffre d’affaires du fait de la crise de l’euro et du tourisme d’achat.

Deux éminents orateurs étaient présents pour apporter leur pertinent point de vue.

Thomas Jordan, vice-président du directoire de la Banque nationale suisse (BNS), a rappelé l’engagement substantiel de son institution en faveur d’un cours minimum de l’euro à 1 franc 20. Cette mesure a permis une certaine stabilisation de la situation. Pour l’économie suisse, le risque d’une aggravation de la crise de la dette subsiste néanmoins. Elle pourrait avoir pour conséquence «un affaiblissement sensible de la dynamique de croissance».

Stéphane Garelli, professeur à l’Université de Lausanne et à l’institut IMD, à Lausanne, a mis l’accent sur l’importance économique croissante des pays émergents. De nouvelles marques – provenant par exemple de Chine – prennent davantage de poids et constituent une concurrence accrue pour l’Europe et pour la Suisse. Pour cette raison, le label «swiss made» demeure de la plus haute importance.

Pour Guy Vibourel, directeur de Migros Genève, il faut relever le défi du tourisme d’achat: «Nous pouvons y répondre en faisant valoir nos principes fondamentaux: proximité avec le client, swissness, produits de la région de grande qualité.»

Le regard optimiste de Migros face à l’avenir

Chef du marketing de Migros, Oskar Sager estime que l’euro faible va continuer d’exercer une pression sur les prix. Pour y faire face, une compétitivité des valeurs des produits est nécessaire. De plus, il s’agit, en collaboration avec les entreprises industrielles de Migros, de développer des produits répondant aux critères du développement durable. «Ce sera notre principale tâche des deux à trois prochaines années», assure-t-il.

Patron des entreprises industrielles de Migros, Walter Huber n’a pas manqué de saisir la balle au bond: «C’est précisément parce que la situation est difficile que nous devons encore plus nous concentrer sur des innovations durables. Nous projetons ainsi actuellement de mettre en place un site exclusivement dédié à la fabrication de denrées exemptes de gluten. Il s’agit d’une première en Europe!»

Nonobstant les grands défis qui attendent l’entreprise, Herbert Bolliger, président de la Direction générale de Migros, a mis en évidence les résultats déjà obtenus: «Notre bilan est solide et nous avons peu de dettes.» Il a aussi tenu à souligner que les circonstances n’empêchaient pas le distributeur d’offrir des services toujours plus étendus à ses clients.

Migros est bien armée pour affronter l’avenir. Comme peu d’autres sociétés, elle investit dans l’économie suisse. «Ces prochaines années seront exigeantes, a poursuivi Herbert Bolliger. Je suis cependant convaincu que nous sortirons renforcés de cette situation économique difficile.»

Auteur: Christoph Petermann

Photographe: Jorma Müller