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3 avril 2017

La transmission des poux

Olivier Glaizot, biologiste et conservateur au musée de zoologie de Lausanne, répond à la question de Ludivine, 8 ans et demi.

Question mansucrite d'enfant: «D'où viennent les poux?»
Une question de Ludivine, 8 ans et demi.
Portrait d'Olivier Glaizot
Olivier Glaizot

Olivier Glaizot, biologiste et conservateur au Musée de zoologie de Lausanne.

«Le pou est un parasite obligatoire: il ne peut pas vivre ailleurs que sur nos cheveux. Si on l’enlève de notre tête et qu’on le pose sur une table, il mourra au bout de quelques heures. Ainsi, il ne peut se transmettre que par contact direct, lorsque deux enfants jouent par exemple tête contre tête, ou qu’ils s’échangent leurs bonnets ou leurs casquettes.

En revanche, si le bonnet reste deux jours au vestiaire, même si son propriétaire avait des poux, ces derniers n’auront pas survécu.

Inutile donc de brûler tous ses habits pour venir à bout de ces parasites! Et les poux ne peuvent pas apparaître spontanément sur la tête de quelqu’un.

Ce n’est pas comme s’ils attendaient dans un coin de ta chambre pour t’attaquer…

A cause de ce mode de transmission très limité, on peut dire que les poux ont évolué avec leurs hôtes depuis des millions d’années, se transmettant de génération en génération et d’une tête à l’autre. Il n’y a qu’à voir la rapidité avec laquelle une épidémie locale dans une école peut se déclencher: il suffit qu’un enfant ait des poux et qu’il joue de manière très rapprochée avec cinq de ses camarades, que chacun joue ensuite avec d’autres et ainsi de suite pour que toute la classe, voire toute l’école, soit au bout du compte contaminée.

Contrairement à la croyance populaire, les poux ne préfèrent pas les cheveux sales ou gras.

Il existe deux sortes de poux chez l’homme: ceux qui vivent sur nos têtes et ceux qui évoluent sur nos corps. Ces derniers ont aujourd’hui quasiment disparu.»