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6 octobre 2014

Dans l’antre de la mère Noël

Conceptrice de jouets en tissu labellisés 100% suisses, la Genevoise d’adoption Marie-Christiane Bouleau exposera les créations de sa marque Ludidou du 10 au 12 octobre au Baby & Kid Planet à Lausanne.

Marie-Christiane Bouleau avec une panoplie de ses o
«Mes sources d’inspiration sont diverses. Parfois, c’est en voyant des enfants jouer qu’il me vient une idée, ou en observant un dessin qui me plaît et que je décide de transposer en trois dimensions. J’esquisse un projet, il évolue, je le laisse de côté un moment, puis j’y reviens.»

Son nom de jeune fille? Noël. C’est dire si elle était prédestinée à créer des jouets! «En plus, mon mari a une longue barbe blanche», s’amuse Marie-Christiane Bouleau. Chez elle, le sourire n’est jamais loin. L’étincelle pétillante dans les yeux non plus. Une espièglerie sans doute nécessaire lorsqu’on consacre sa vie à faire le bonheur des plus petits.

La pièce maîtresse de sa marque Ludidou (pour ludique et doux, tout un programme...)? Le gardien de la lolette. Une créature à bouille endormie et bonnet de nuit, dans la bouche de laquelle l’enfant peut ficher sa sucette lorsqu’il ne l’utilise pas. Et qui a rapidement rencontré un franc succès. «On m’a même conseillé de déposer un brevet.» Aussitôt dit, aussitôt fait.

A l’actif également de cette Genevoise d’adoption – elle est née à Paris et y a fait ses études... de confection de jouets – des quilles pirates avec leur bateau-sac pour les transporter et un rehausseur-valise rempli de cubes pour permettre à Junior d’être assis à la même hauteur que ses parents au resto et de jouer tranquillement en attendant son repas. Et bien d’autres choses encore, le tout en tissu écolo.

Si elle travaille souvent avec des crèches, Marie-Christiane Bouleau reçoit aussi des commandes de particuliers.

Les gens me font part de leurs envies, me racontent leur histoire et moi je pars dans mon délire, je personnalise.»

Pas commerçante pour un sou, elle a plutôt tendance à dissuader les éventuels clients d’acheter un jouet si elle se rend compte qu’elle ne pourra pas terminer la pièce à temps pour un anniversaire. Tout comme elle refuse les trop grosses commandes, craignant que Ludidou perde son âme artisanale.:«Du coup, c’est sûr que je ne peux pas vivre de ma création. Mais j’ai la chance d’avoir un époux qui pourvoit à mes besoins. Cela reste avant tout une passion.»

Du 10 au 12 octobre 2014: www.babykidplanet.ch

Une journée avec Marie-Christiane Boulot

7 h 30: au boulot!
«Je me lève en général vers 6 h 30 et, à 7 h 30, je suis déjà dans mon atelier. Le soir, il m’arrive de travailler jusqu’à 23 h ou minuit, mais avec de nombreuses pauses dans la journée. Et j’ai la chance d’aimer ce que je fais, j’y prends énormément de plaisir. En fait, c’est presque une addiction.»

Marie-Christiane Bouleau en train de coudre à la machine.
La journée débute tôt pour Marie-Christiane Bouleau!

9 h 30: la minute détente
«Une fois par semaine, je me rends aux bains de Cressy, je profite que l’accès soit réservé aux seniors le matin. C’est plus tranquille. J’y reste une heure, ça me détend et me permet de laisser divaguer mon imagination.»

En troute pour les bains de Cressy.
En troute pour les bains de Cressy.

12 h 30: pause déjeuner
«Je mange souvent à l’extérieur à midi, je ne cuisine pas beaucoup, j’ai l’impression de perdre du temps. En plus, comme je passe beaucoup d’heures à l’atelier, cela me permet de sortir un peu de chez moi.»

Marie-Christiane Bouleau en train de prendre son repas à l'extérieur.
Une pause pour se changer les idées.

15 h 00: Marionnettes à succès
«Je reçois beaucoup de commandes pour des marionnettes. Les instituteurs de classes enfantines en sont très friands. En général, j’en fais une quinzaine à la fois et je les adapte en fonction des besoins. On m’avait par exemple demandé d’en concevoir une pour un enfant autiste qui avait peur des piqûres.»

Marie-Christiane Bouleau manipule une de ses marionnettes
Les marionnettes peuvent être personnalisées selon la demande du client.

16 h 00: des jouets 100% suisses
«Lorsque j’ai dû honorer une commande de 900 gardiens de lolettes, j’ai fait appel à un atelier adapté des établissements publics pour l’intégration (EPI) pour m’assister dans le remplissage des peluches. Je n’avais pas envie de les faire fabriquer en Bulgarie, cela aurait été contraire à mon éthique.»

Marie-Christiane Bouleau en train de discuter dans un atelier EPI
Une collaboration fructueuse!

Texte: © Migros Magazine /Tania Araman

Auteur: Tania Araman

Photographe: Mathieu Rod