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12 novembre 2012

David Bovet, jongleur de lettres

A 23 ans, le Lausannois a décroché le titre de champion du monde de scrabble. Un entraînement qui vaut double pour un plaisir qui compte triple.

David Bovet en train de lancer des lettres de scrabble
«Le scrabble, c’est une passion. C’est un jeu super intéressant, où il faut réfléchir vite. J’y joue depuis petit, avec ma mère et ma grand-mère, puis j’ai continué à l’école avec mon meilleur ami. J’aime tous les jeux intellectuels, genre Trivial Pursuit, je n’ai pas d’a priori.»


Le regard doux et pétillant, les gestes calmes, il cherche ses mots quand il parle. Mais quand il joue, il les trouve à la vitesse de l’éclair. A 23 ans, David Bovet est devenu champion du monde de scrabble, en France, cet été.

Dans sa chambre lausannoise, une cinquantaine de coupes retracent le chemin parcouru. Mais le jeune homme, étudiant en HEC, ne prend pas la grosse tête pour autant.

Sûr que pour en arriver là, il a fallu quelques années d’entraînement. Avec des logiciels et au club de la Blécherette, où il se rend encore régulièrement. Mais pour passer à la vitesse supérieure, il a dû trouver d’autres astuces. Comme retenir les anagrammes et les raretés, genre «corticosurrénale», qu’il dégaine volontiers pour rallonger un mot. «J’ai appris des termes peu courants. J’en avais marre de rater des mots de sept ou huit lettres», sourit David Bovet. Qui affectionne aussi particulièrement les petites trouvailles aux lettres chères, comme «wu», «ay» et autre «ka». «Si on peut les placer sur une case compte double ou triple, ça vaut facilement soixante points», souligne David Bovet.

Son meilleur coup? Lors de la dernière partie des championnats du monde, il dégotte un «alaskien» qui lui rapporte 131 points. «Sans lui, je finissais quinzième. On peut très bien jouer pendant tout un tournoi et se faire reléguer pour un moment d’absence.»

Mais le scrabbleur n’a rien d’un ascète enfermé dans une tour d’ivoire. Bien sûr, il aime jouer avec les mots, dégotter des calembours et mettre les lettres sens dessus dessous, mais il ne lésine pas sur les amis. «On est une bonne équipe dans le club et même à l’étranger. Ça crée des liens.» Cet automne, David Bovet tentera le grand chelem en France, mais en toute décontraction. «Il ne faut pas croire que je bosse beaucoup, je suis plutôt joueur!»

En quelques mots

Ma fierté

La coupe en forme de Tonton flingueur
La coupe en forme de Tonton flingueur

«Cet été, quand j’ai remporté la coupe de Montauban, en forme de Tonton flingueur, j’ai été le premier surpris. Le championnat du monde, c’est la compétition qu’un scrabbleur rêve de gagner, parce que c’est le tournoi le plus relevé. Il dure sept jours. Nous étions environ quinze Suisses à y participer, sans compter les jeunes. Je n’osais même pas espérer gagner, j’étais un outsider.»

Mon hobby

Le bride n'est pas populaie parmi les jeunes.
Le bride n'est pas populaie parmi les jeunes.

«J’aime aussi beaucoup le bridge. Je m’y suis mis il y a trois ans. C’est un des jeux de cartes les plus intéressants et les plus durs à maîtriser. Malheureusement, très peu de jeunes y jouent, alors je vais dans un club pour trouver des partenaires.»

Mon lieu de rêve

Paysage d'Islande. (Photo: Istockphoto)
Paysage d'Islande. (Photo: Istockphoto)

«J’aime beaucoup les pays du Nord, en particulier l’Islande, avec ses volcans, la glace, les étendues d’herbe, les geysers et les couleurs qui se mélangent. J’adore le côté nature brute qu’il y a là-bas, une nature que l’on dirait vierge du toucher humain. Si je pouvais, je partirais demain sans hésiter!»

Mon équipe

Une écharpe Lausanne-Sport
Une écharpe Lausanne-Sport

«Je suis un fan du Lausanne-Sport depuis tout petit. C’est quand même l’équipe de foot de ma ville! Je les ai toujours soutenus, même quand ils étaient descendus en deuxième ligue. Maintenant, je continue à aller les voir dès que j’en ai l’occasion.»

Mes lectures

Des lectures fantastiques
Des lectures fantastiques

«Je dois avoir une centaine de bouquins d’heroic fantasy. J’ai commencé avec «Bilbo» de J. R. R. Tolkien et j’ai tout de suite vu que ce genre me plaisait. J’aime être projeté dans des mondes où tout est différent. Ce sont des histoires créées pour faire rêver. Je m’évade complètement.»

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Jeremy Bierer