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2 mars 2015

L'acrobate des arbres

Alexandra Maillet est une des rares femmes arboristes-grimpeuses, un métier qui allie force physique et amour du végétal.

Alexandra Maillet dans un arbre.
Quelle que soit la saison, Alexandra Maillet passe ses journées entre terre et ciel.

Alexandra Maillet, des dreadlocks sous un bandana, est un bout de femme en acier trempé. A 33 ans, elle a déjà derrière elle plusieurs vies: un métier de coiffeuse, dix ans de mécano dans l’armée française et, aujourd’hui, une activité d’arboriste-grimpeuse. «J’avais besoin de tourner la page et j’ai suivi une formation de paysagiste.

Je voulais un métier manuel et en plein air, un métier qui me donne envie de me lever le matin.»

Un travail d’homme

Travailler dans un milieu typiquement masculin ne lui fait pas peur. «Ça se passe très bien, on me considère comme un égal.» Et c’est vrai qu’elle grimpe comme un homme, s’accroche aux branches, se tient en apesanteur dans les ramures comme un écureuil besogneux. «On doit savoir répartir le poids que l’on met sur les branches. Un platane est très solide, alors qu’un saule ou un érable, ça casse assez facilement.

C’est un équilibre constant entre l’arbre et nous.»

Cohabitation

Il n’y a que deux périodes par année où l’on ne taille pas, à la chute des feuilles et au débourrement. Sinon, quelle que soit la saison, Alexandra Maillet passe ses journées entre terre et ciel, à faire de jolies coupes. «On ne mutile pas. Le but est de faire cohabiter l’homme avec l’arbre. Et puis,

le travail dans les arbres, ça m’apprend la vie. C’est noble comme métier.»

Une journée avec Alexandra Maillet

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Guillaume Mégevand