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3 février 2014

De l'adrénaline au programme de Sotchi

De nouvelles épreuves et disciplines sportives feront leur entrée aux prochains Jeux olympiques. La promesse d’un joli spectacle. Et de médailles supplémentaires pour la délégation suisse?

half-pipe ski
Avec l’homologation du slopestyle et du half-pipe ski, le freestyle est le grand gagnant des nouveaux arrivés aux Jeux olympiques.
carte de géographie permettant de situer Sotchi par rapport à Moscou.

Les amateurs de sensations fortes seront comblés à partir de ce week-end. Plusieurs sports des plus spectaculaires comptent au programme des Jeux olympiques de Sotchi (Russie) parmi les douze nouvelles disciplines et épreuves retenues (voir liste ci-contre).

Le grand gagnant, c’est le freestyle avec l’homologation du slopestyle et du half-pipe ski. Une catégorie qui prend à chaque JO d’hiver un peu plus d’importance, depuis l’arrivée du snowboard en 1998 à Nagano. «Le freestyle totalisera cinq disciplines à Sotchi», se réjouit Christoph Perreten, chef de la discipline à Swiss-Ski.

L’heure n’est plus à jalouser le ski alpin!

Si le choix du Comité olympique s’est porté sur ces sports des plus «fun», c’est notamment pour conquérir la jeunesse. «C’était déjà l’ambition du CIO aux derniers Jeux d’été à Londres lorsque le BMX a fait son apparition, poursuit l’expert en freestyle. Grâce à Sotchi, j’espère que les jeunes Suisses seront motivés à se remettre aux sports d’hiver!

Les Suisses collectionnent les médailles en nouvelles disciplines

De nouvelles disciplines pour de nouvelles médailles? L’histoire nous a montré que les Suisses ont l’habitude d’exceller lorsqu’une épreuve est inscrite pour la première fois au programme des JO. On se souvient par exemple de l’apparition du boardercross aux Jeux de Turin en 2006 grâce à la magnifique médaille d’or de Tanja Frieden. De l’or aussi pour Philipp Schoch en 2002 à Salt Lake City lors de la première descente de slalom géant parallèle et pour Gian ­Simmen en 1998 à Nagano dans la première compétition de half-pipe en snowboard.

Photo de la maison suisse aux JO de Sotchi 2014.
La Maison suisse aux JO de Sotchi 2014.

«Le half-pipe ski et le slopestyle sont des nouvelles disciplines aux JO mais elles ne sont pas toutes neuves non plus… Il y a déjà une dizaine d’années que des compétitions ont lieu, notamment aux Etats-Unis», précise Christoph Perreten. Cette année, tous les regards sont bien sûr tournés vers Virginie Faivre, championne du monde en titre de half-pipe ski (lire interview). Mais là n’est pas la seule médaille accessible pour l’équipe suisse. «Nous avons aussi des chances en slopestyle, avec par exemple Kai Mahler et Camillia Berra, ajoute le représentant de Swiss-Ski. Mais les candidats sont nombreux et la barre sera placée très haute... Les dés ne sont jamais jetés à l’avance!»

«Les JO ont toujours représenté l’objectif ultime»

Virginie Faivre, championne du monde 2013 de half-pipe ski. (Photo: LDD)
Virginie Faivre, championne du monde 2013 de half-pipe ski. (Photo: LDD)

La Vaudoise Virginie Faivre est la grande favorite pour la compétition de half-pipe ski. A quelques jours du coup d’envoi des Jeux olympiques, la championne du monde 2013 nous fait part de ses ambitions… et de ses appréhensions.

Vous avez décroché la deuxième place lors de la dernière compétition avant les JO, il y a un mois à Calgary. Un résultat qui vous permet de partir confiante à Sotchi?

Malgré ce bon résultat, je ne me sens pas encore tout à fait prête... A cause de ma blessure au dos l’automne dernier, j’ai dû renoncer à toutes les compétitions, à l’exception de la dernière au Canada. Je sens bien qu’il me manque un peu de ski dans les jambes. Mais j’espère que les derniers entraînements précédant les Jeux me permettront de retrouver la forme.

Comment avez-vous vécu cette période de repos forcé?

C’était très difficile. J’ai dû rester immobile pendant un mois! Ensuite, il a fallu retrouver la forme et me muscler le dos au cours d’entraînements. Une partie du corps qui est mise à forte contribution dans cette discipline! Heureusement pour moi, j’ai obtenu de bons résultats l’année dernière qui m’ont permis de ne pas me mettre trop de pression lors des qualifications pour Sotchi.

Démonstration de half-pipe ski en vidéo avec, entre autres, Virginie Faivre. (Source: Youtube/Nine Knights)

Vous avez été sacrée championne du monde de la discipline l’année dernière. Un titre qui va avec une certaine pression à l’heure des JO?

Oui la pression est bien là! Le half-pipe ski est un sport peu médiatisé… je n’ai donc pas l’habitude de donner de nombreuses interviews. Sans oublier qu’il s’agit des premiers Jeux olympiques de la discipline. Mais, heureusement, je ne suis pas la seule championne du monde en titre à participer à ces Jeux... Tous les projecteurs ne seront pas dirigés vers le half-pipe ski.

Quand on est championne du monde, on rêve de décrocher la médaille d’or?

Par expérience je sais que si je me mets trop de pression, je n’arrive plus à rien. Je ne me fixe donc pas d’objectif précis. Un de mes oncles a participé aux compétitions de tir à l’arc aux JO d’été de Moscou, de Los Angeles et de Séoul. Je lui demande donc conseil. Tout comme à d’autres athlètes qui ont eux aussi vécu cette expérience.

Qu’est-ce que les Jeux olympiques représentent pour les skieurs half-pipe?

Ce fut une longue bataille pour faire reconnaître notre sport! Je fais partie des tout premiers athlètes de cette discipline puisque j’ai participé aux premières coupes du monde. Pour nous les JO ont toujours représenté l’objectif ultime. Nous avions de grands espoirs à Salt Lake City en 2002 lorsqu’une démonstration de ce sport a été présentée. On imaginait déjà que la discipline entrerait au programme de Vancouver quatre ans plus tard. Mais c’est le ski-cross qui a été choisi à la place... On n’y croyait plus! Notre surprise fut immense lorsque nous avons appris la bonne nouvelle pour Sotchi.

En quoi cette décision vous réjouit-elle?

Cela permettra de faire connaître ce sport du grand public. Si la plupart des jeunes en ont déjà entendu parler, ou du moins de son équivalent en snowboard, c’est beaucoup moins le cas chez les personnes plus âgées. Et puis cette reconnaissance du CIO permettra aussi de développer les structures. Jusqu’à il y a trois ans les athlètes suisses participaient aux coupes du monde comme indépendants et leurs frais n’étaient pas systématiquement pris en charge par Swiss-Ski. Grâce à Sotchi, nous avons pu constituer la première équipe nationale.

Virginie Faivre lors des Nine Queens ski 2011. (Source: Youtube/Nine Knights)

@ Migros Magazine - Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Keystone