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8 août 2016

De Pong à Pokémon Go

Sandrine Viglino nous parle cette semaine dans sa chronique du jeu qui rend folle actuellement la planète.

Sandrine Viglino.

Je suis à la bourre pour écrire cette chronique, car j’essaie de passer au niveau 5 de Pokémon Go. J’aimerais enfin rentrer dans une arène (y a peut-être des Pokétoros?). C’est la honte le niveau 4! En plus, à cause du Nosferapti, j’ai plus de Pokéballs. Je ne vais quand même pas prêter mon téléphone à ma cousine de 8 ans Eva* pour qu’elle me passe ce niveau? Je cale à Pokémon Go. Pourtant je suis accro aux jeux vidéo depuis toute petite. Oui, j’ai perdu pas mal d’heures devant des écrans de plus ou moins haute définition, mais j’ai développé énormément de compétences. Ce sont des études universitaires très sérieuses (faites par des chercheurs «anciens joueurs» probablement) qui le disent.

J’ai commencé par Pong, le jeu de tennis avec deux barres et une balle carrée. Petite, mes parents n’arrivaient pas à m’en décoller. Mais j’y ai développé des compétences. Alors pour le vrai tennis, ça n’aide pas du tout, mais je sais reconnaître du premier coup d’œil une balle carrée. Donkey Kong, je suis sûre qu’avec les heures que j’ai passées dessus, si une fois je me retrouve dans un entrepôt à étages et qu’il y a un gorille qui me lance des tonneaux dessus, et bien j’arriverai à sauver la princesse! Grâce au Tetris, au départ des vacances, j’arrive à mettre toutes les valises dans le coffre comme si c’était mon copain qui l’avait fait. Et en trois essais seulement!

Le top du top, c’est Pokémon Go. Maintenant, l’ado doit sortir de sa chambre pour jouer! C’est une véritable révolution, (sauf pour Eva qui a hacké le jeu et qui peut aller à Tokyo de son lit). Niveau compétences, Pokémon Go, ça apprend aux jeunes à traverser la route sans regarder. Les meilleurs joueurs arrivent à «sentir» la présence d’une voiture sans quitter leur mobile des yeux, et s’arrêtent: c’est l’évolution naturelle. Les autres se font écraser: c’est la sélection naturelle. La seule chose qui n’a pas évolué avec les jeux électroniques, c’est qu’il y aura toujours un parent pour dire à son enfant: «Ça suffit. Tu as assez joué. Tu files dehors.» Sauf avec Pokémon Go ou le parent demande conseil à son enfant (ou sa petite cousine Eva). Mon plus grand rêve, c’est qu’à la caisse de la Migros, la caissière me demande: «Vous voulez les Pokéballs?»

* Je sais que tu as 8 ans et demi Eva!

Texte: © Migros Magazine | Sandrine Viglino

Auteur: Sandrine Viglino