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20 avril 2015

Délestons-nous intelligemment!

Le printemps rime souvent avec grand nettoyage. Cette année, pensons à l’environnement (et à notre porte-monnaie) pour nous débarrasser des objets superflus en les vendant, les offrant ou les troquant.

C'est le printemps! Faisons le tri dans nos armoires.
C'est le printemps! Faisons le tri dans nos armoires.

Les poupées russes de notre arrière-grand-tante. Cette petite veste hors de prix portée deux fois. Les jeux des enfants devenus (trop vite) grands. Nos placards, greniers et caves regorgent de choses que nous n’utilisons plus. Pour autant, elles ne méritent pas toutes d’être cruellement incinérées. Il existe ainsi pléthore d’endroits où nos objets trouveront une seconde vie: vide-greniers, coffres ouverts, ventes sur la Toile, associations caritatives, etc. Autant de lieux et de possibilités pour jeter malin, parfois récolter trois sous et, en bonus, rencontrer des gens sympas.

Première étape: faire des choix

Avant toute chose: place au rangement et au tri. Avec un mot d’ordre, se débarrasser du superflu. Adepte du stockage et du «je pourrais… peut-être… potentiellement… un jour… en avoir besoin», profitez des vertus du printemps pour faire le grand nettoyage. Pour cela, les techniques sont nombreuses. Dans son livre La Magie du rangement (Editions First), Marie Kondo donne ce conseil: «Quand vous tombez sur un objet dont vous ne parvenez pas à vous séparer, réfléchissez sérieusement à son véritable rôle dans votre vie. Vous serez surpris du nombre de choses vous appartenant à avoir déjà joué pleinement leur rôle. En reconnaissant leur contribution et en acceptant de vous en séparer avec gratitude, vous pourrez véritablement mettre de l’ordre dans vos affaires et votre vie.» Plus pragmatiquement, il convient d’élaborer sa propre stratégie. Et de se faire violence dans certains cas. «Durant l’année, je trie mon armoire en fonction de ce critère: je mets une partie de ce que je n’ai pas porté pendant les douze derniers mois dans des cartons. Il s’agit souvent de choses achetées sous le coup de l’émotion, puis, une fois à la maison, je les ai vite regrettées», explique Ilinca, 35 ans. Cette Lausannoise participe régulièrement à des vide-greniers. Elle est loin d’être la seule.

Deuxième étape: choisir son lieu

Le marché de la seconde main se porte effectivement bien. Les multiples offres (lire encadré) en témoignent. Les vendeurs en herbe n’ont donc qu’à faire leur choix.

Laurent, 70 ans, écume depuis une quarantaine d’années les brocantes, vide-greniers et associations caritatives telles qu’ Emmaüs et l’Armée du Salut à la recherche de la perle rare. Depuis cinq ans, il est passé de l’autre côté du miroir. «Tout a commencé par le bouche à oreille. On m’a parlé d’un site de vente aux enchères en ligne. J’ai essayé et cela a tout de suite bien fonctionné. J’ai eu envie de continuer.» Depuis, il a liquidé une centaine d’objets. «Un jour, j’ai mis une montre aux enchères à 1 franc. Elle est partie pour 1400 francs, raconte-t-il. Ce jour-là, il a fait sa meilleure affaire. Pour ce retraité, son petit magasin en ligne est une bénédiction.

A chacun de trouver la méthode adéquate par rapport à son rythme de vie et ses aspirations. «Au-delà de l’aspect financier et écologique, j’aime faire des vide-greniers pour l’ambiance, confie ainsi Ilinca. Il y a une atmosphère bon enfant. C’est aussi l’occasion de parler avec les personnes des autres stands, des passants et des amis.» Pour ce type de manifestation, il est souvent obligatoire de réserver à l’avance auprès de l’organisateur. Une place coûte, de manière indicative – entre 20 et 100 francs.

Troisième étape: vendre, donner, troquer!

Le jour J est arrivé. Il faut maintenant écouler la marchandise préalablement triée. Les prix sont fixés selon la loi de l’offre et de la demande. De plus, le marchandage est une pratique courante même si certains préfèrent étiqueter leurs affaires. L’Ordonnance sur l’indication des prix (OIP), éditée par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), peut être utile. Il est par ailleurs conseillé de spécifier aux chalands que la marchandise est vendue «en l’état».

«Forcément, tout dépend de ce que vous proposez. Dans mon cas, j’écoule des robes, des sacs et des bijoux. Les jeans et les chaussures partent plus difficilement», explique notre vendeuse occasionnelle lausannoise. A la fin d’une journée, j’ai en général liquidé la moitié de mon stock. Pour le reste, soit je le troque, soit je le donne à des associations caritatives.»

Le textile est effectivement très présent sur les stands. «C’est une tendance à la hausse», souligne Bertrand Sonnay, coordinateur du coffre ouvert de Villeneuve depuis dix ans. Cette manifestation existe depuis une décennie et demie. Quelque deux cents particuliers y participent lorsque la place n’est pas en travaux. «Quand la météo est clémente, il peut y avoir mille cinq cents visiteurs, informe le coordinateur. Entre 6 heures et 9 heures, jusqu’à 25 000 francs de marchandises peuvent changer de main.» Mieux vaut donc se lever tôt. Les professionnels tout comme les amateurs aguerris y dénichent de bonnes affaires le matin. Puis, l’après-midi, le public est plus familial. Beaucoup y viennent pour flâner.

Une vraie vie commence

L’occasion donc de faire des connaissances tout en vendant des bricoles. «Pour les petits plus, je conseillerais aux néophytes de ne pas oublier de s’armer d’une chaise pliable. Les journées sont longues, avertit Ilinca. Et offrir du thé, c’est toujours sympa!»

A chacun donc de trouver son astuce pour préserver notre planète tout en passant un moment agréable. Finalement, Marie Kondo promet dans son livre, déjà vendu à 2,3 millions d’exemplaires: «Votre vraie vie commence après avoir mis en ordre votre maison.» Bon nettoyage!

© Migros Magazine – Emily Lugon Moulin

Définitions

Les différentes méthodes (liste non exhaustive…)

Les vide-greniers et vide-dressings sont des manifestations où des particuliers vendent des objets, meubles et habits de seconde main. Généralement en plein air. C’est également le cas des coffres ouverts. La différence? Ces manifestations ne nécessitent pas d’infrastructures particulières (tables, présentoirs, etc.). Les articles sortent ainsi directement du coffre de la voiture du vendeur. Les brocantes, quant à elles, sont généralement réservées aux professionnels (brocanteurs, antiquaires).

Sur la Toile, les sites d’occasion sont aussi nombreux qu’hétéroclites. On y met en vente toutes sortes d’articles à prix fixes ou aux enchères. Les réseaux sociaux sont également des plateformes idéales pour se débarrasser rapidement du superflu. Cela en rejoignant un des nombreux groupes, «vide-greniers Lausanne, Genève», etc.

Il y a également les associations caritatives. Elles récupèrent du matériel et le revendent ensuite dans des magasins spécialisés ou l’envoient à des personnes nécessiteuses.

Le troc via des communautés jouit également d’une jolie popularité. C’est par exemple le cas des boîtes d’échange entre voisins. Le principe: placer et/ou prendre un objet selon ses besoins. Le site www.hclbox.org en a recensé une trentaine en Suisse romande.

Auteur: Emily Lugon Moulin

Photographe: Corina Vögele (illustration)