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17 décembre 2012

Denis Morf, l’habilleur de poupées

Il sublime les étoffes et transforme les poupées en divas gothiques et flamboyantes. Entrée dans le monde chatoyant de Denis Morf, styliste-couturier à Bienne.

Denis Morf
Denis Morf, un homme au talent incroyable. (Photos: Schorro et Simon Vermot)
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Il semble sortir d’un conte ou d’une fantasmagorie. Avec ses sarouals, ses bagues à tous les doigts et son fard à paupières, Denis Morf ne passe pas inaperçu. D’ailleurs, il en joue. Il lui arrive même de sortir habillé en Aladin ou en Matrix. Et ses voisins le lui rendent bien, puisqu’ils lui ont décerné le titre d’homme le plus élégant de Bienne.

«Je suis amoureux de l’habillement. Mais j’aime surtout la couture, parce qu’il faut de l’imaginaire, de la logique pour transformer le volume rêvé en patron et de l’habileté manuelle pour la réalisation. Je me sens profondément artisan», dit-il en souriant.

Depuis tout petit, ce styliste-couturier autodidacte aime sentir les étoffes, les assembler en habits de féerie, étincelants de strass et de lumière. Des habits grandeur nature ou miniature. Et c’est là que Denis Morf excelle: quand il invente des costumes pour ses poupées de collection, qui feraient rêver plus d’une petite fille.

Sur un coin de table, il peaufine des robes à paillettes, coud des ribambelles de perles, ajuste des galons dorés avec une patience et un soin du détail infinis. Perfectionniste, il change les poses en courbant un bras ou une jambe à la chaleur des bougies. «Je ponce la peau pour enlever le brillant du plastique. J’aime que le résultat paraisse naturel.» Un travail d’orfèvre pour un résultat souvent époustouflant.

Davantage inspiré par les figures de méchant que par les angelots – Cruella, Calamity Jack, la comtesse Dracula le bottent davantage que la fée Clochette – il a déjà réalisé plus de deux cents poupées. Et ne compte pas en rester là. Sa prochaine création: une commande pour un scaphandrier qu’il va réinterpréter. «Même une tenue de plongée doit être élégante!»

Infos sur www.denis-morf-creations.blogspot.ch


Sa passion

«Une journée sans couture, c’est horrible! Il faut que tous les matins je me lève en sachant ce que je vais faire. La couture, c’est comme manger, respirer ou dormir, c’est un besoin vital pour moi. J’aime toucher les tissus, je voyage dans mes créations.»



Madame Atomos, le chef-d'œuvre de Denis Morf. (Photos: Schorro et Simon Vermot)
Madame Atomos, le chef-d'œuvre de Denis Morf. (Photos: Schorro et Simon Vermot)

Son chef-d’œuvre

«Pour réaliser Madame Atomos, je suis parti d’une figure japonaise sur un jeu de cartes. Ensuite, je lui ai inventé un vêtement rouge et noir. Ça m’a pris trois jours entiers pour coudre à la main tout le galon doré. Je la considère comme mon chef-d’œuvre, dans le sens utilisé par les compagnons du devoir.»



Perceval le Preux. (Photos: Schorro et Simon Vermot)
Perceval le Preux. (Photos: Schorro et Simon Vermot)

Son chouchou

«Je me suis inspiré de la série des Tudor pour faire Perceval le Preux. Ensuite, j’ai ajouté des cuissardes, une veste bordée de strass, de la dentelle autour du cou et des empiècements de velours. Ce n’est pas le plus travaillé, mais il est tellement sexy! Si je devais en sauver un seul, ce serait celui-là.»



Denis Morf possède environ 600 vinyles de Dalida. (Photos: Schorro et Simon Vermot)

Son icône

«J’ai découvert Dalida en 1960. Je voulais toujours écouter le disque de ma sœur, avec la chanson «Garde-moi la dernière danse». Je la trouvais tellement belle sur la pochette! Aujourd’hui, j’ai environ 600 vinyles de Dalida, dont même une version en flamand! Je continue de l’écouter, c’est quelqu’un qui m’a toujours accompagné, sa voix ne m’a jamais lassé.»



«La scène m’a permis d’exprimer et de vivre ma féminité.» (Photo: DR)
«La scène m’a permis d’exprimer et de vivre ma féminité.» (Photo: DR)

Ses spectacles

«Pendant vingt-cinq ans, j’ai fait des spectacles de transformisme. Je faisais les costumes et je chantais en play-back sur Petula Clark ou Shirley Bassey. J’enfilais des fourreaux à paillettes et m’entourais de boas très glamour. La scène m’a permis d’exprimer et de vivre ma féminité. Aujourd’hui, je continue avec la couture.»



Gandalf de La Chaux-de-Fonds.
Gandalf de La Chaux-de-Fonds.

Son compagnon

«J’ai toujours eu des chats originaires de La Chaux-de-Fonds. C’est donc le cas de «Gandalf», qui vit en colocation avec moi depuis plusieurs années. Je l’entends parfois galoper dans le galetas. J’aime son indépendance et c’est un bon type. Un vrai câlineur.»

Auteur: Patricia Brambilla