Archives
31 octobre 2016

Des chats pas si chou

Les chats, on les adore. Ce sont néanmoins des prédateurs sanguinaires et sans pitié...La chronique de Leïla Rölli.

Leïla Rölli.

De Colette à Brassens, de Balthus à Brélaz, du temps des pharaons à l’ère contemporaine des «LOLcats», le chat a toujours été célébré, idolâtré... à se demander si, au détriment d’un félin plus grand, ça ne serait pas lui le vrai roi des animaux.

Mais aussi mignon soit-il, lové sur nos genoux à ronronner comme une chaudière, il n’en reste pas moins un prédateur sanguinaire et sans pitié. Si comme moi vous partagez votre toit avec un de ces êtres délicats, vous avez sûrement expérimenté ce sentiment situé entre dégoût et gratitude lorsque, fier comme un paon, il vous ramène une proie agonisante. Peut-être que, contrairement à sa réputation d’éternel ingrat, il essaie de nous rendre la pareille pour sa dose de croquettes quotidienne? Peu importe l’interprétation qu’on en fait, c’est ce qui s’appelle l’instinct, et cet instinct pose problème.

D’après Gareth Morgan, activiste néo-zélandais, un chat «d’extérieur» fait 66 victimes par an en moyenne: insectes, rongeurs, reptiles, batraciens et volatiles confondus. Et c’est pour ces derniers que Morgan s’inquiète le plus. Sur l’île aux kiwis, neuf espèces d’oiseaux ont déjà disparu et trente-trois autres sont en danger d’extinction par la faute de Mistigri. Si c’est sous les griffes que périssent ces petites bêtes, nous ne pouvons pas nous dédouaner de cette tragédie pour autant. Notre affection pour les chats et nos bons traitements ont considérablement prolongé leur durée de vie et accru leur population. On estime le cheptel mondial à 400 millions d’individus (dont 1,4 million en Suisse). L’espérance de vie des matous a, quant à elle, augmenté de plus de 20% au cours de la dernière décennie.

Existe-t-il une solution pour ménager la chèvre et le chou... ou plutôt, le chat et le choucas? La protection zurichoise des animaux croit avoir la clé du problème en limitant le nombre de chats à un par foyer suisse. Réaliste ou non, en attendant que cette idée soit légiférée, il existe pourtant une alternative simplissime: la clochette! Toujours d’après Gareth Morgan, le collier à grelot permettrait de réduire de moitié le tableau de chasse de nos minets.

Texte: © Migros Magazine | Leïla Rölli

Auteur: Leïla Rölli