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25 mars 2013

Des cloches au lapin de Pâques

Il existe de multiples légendes à propos des cloches de Pâques.

De multiples légendes existent à propos des cloches de Pâques.
Illustration: Konrad Beck.

Les cloches sont en train de faire leurs bagages pour partir réaliser leur traditionnel pèlerinage pascal à Rome. Histoire de se faire bénir. C’est en tout cas ce qu’on me racontait quand j’étais petite. Sauf que les légendes autour de Pâques changent en fonction du pays où l’on vit, et sont parfois même un brin mélangées.

Chez nous comme chez nos germaniques voisins, c’est souvent aussi le Lapin de Pâques – beau symbole d’abondance vu son incroyable fécondité… –qui apporte les précieux œufs colorés aux enfants. Les vrais – signes de renouveau de la vie aussi vieux que l’Antiquité – et ceux en chocolat, parce que le carême, c’est fini. En Autriche, c’est une poule qui s’en charge, tandis que ce sont ses petits, les poussins, qui s’y collent en Scandinavie.

Mais en France, ce sont les fameuses sonnailles qui reviennent de leur périple romain chargées d’œufs. Elles les distribuent aux enfants en carillonnant à toute volée pour bien signifier leur bonheur d’être de retour de Rome. Et aussi celui de la résurrection de Jésus, ça va de soi. Parce que, depuis le VIIe siècle, l’Eglise leur avait interdit de sonner du Vendredi saint au dimanche de Pâques, en signe de deuil.

Seulement voilà, à peu près partout les clochers se sentent bien seuls sans leurs sonnants accessoires durant le week-end pascal. On les a donc remplacés, durant cette période, par des crécelles. Ou une cloche en bois, tel le carcasset d’Estavayer-le-Lac qui est tourné à la main en l’absence des cloches. Une tradition encore vivante aujourd’hui. En tendant l’oreille, on entend bien le claquement des lattes qui résonne du haut du clocher durant le week-end pascal, à la force du biceps de quelques passionnés.

Et dans la cité médiévale des bords du lac de Neuchâtel, il n’y a pas que les cloches qui annoncent bruyamment la résurrection du Christ le jour de Pâques. Aux premières heures du dimanche matin – dès qu’a sonné le 12e coup de minuit, pour être précis, – les chanteurs du Surrexit, une troupe d’hommes uniquement, c’est la tradition, déambulent à travers les rues du cimetière au clocher, en chantant «la bonne nouvelle». En latin, s’il vous plaît.

Auteur: Isabelle Kottelat