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24 juin 2013

De meilleures conditions d'élevage

Au Canada et en Hongrie, le distributeur s’engage avec des producteurs locaux pour de meilleures conditions de vie des animaux.

Un élevage de chevaux au Canada.
Au Canada, 
Migros exige de ses fournisseurs qu’ils
améliorent 
les conditions 
d’élevage 
des chevaux.

Note de la rédaction du 9 juin 2014: étant donné que la ferme Bouvry n'a pas pu répondre aux exigences de Migros en matière de bien-être animal, Migros stoppe l'importation de viande de cheval canadienne.

Migros vend principalement de la viande produite localement: le bœuf, le veau et le porc qu’elle propose sont issus presque à 100% d’exploitations suisses. Le distributeur est toutefois dépendant des importations en ce qui concerne d’autres animaux de rente, notamment la dinde ou le lapin, qui proviennent respectivement à 75 et 80% de pays étrangers. Or, au-delà de nos frontières, la détention des animaux n’est pas toujours soumise à des exigences aussi élevées qu’en Suisse. Par conséquent, le commerce de détail n’est pas épargné par les critiques.

Pour beaucoup d’animaux de rente, il n’existe en effet pas de normes de détention homogène dans l’Union européenne. L’engraissement s’effectue donc selon les dispositions en matière de protection animale propres à chaque pays – et ces dernières sont souvent bien moins strictes qu’en Suisse.

Dans le cadre d’une initiative sans précédent dans le secteur du commerce de détail helvétique, Migros s’engage à présent en faveur du bien-être animal au-delà des frontières. Après avoir travaillé avec des producteurs locaux en Hongrie pour mettre en place un système de détention des lapins respectueux de l’espèce, le distributeur a désormais décidé de passer à la vitesse supérieure. Dans l’ouest du pays, un élevage de dindes appliquant à la lettre les dispositions de l’Ordonnance suisse sur la protection des animaux a ainsi été mis en place, ce qui constitue une première.

Début novembre 2013, la viande de dinde issue d’un élevage respectueux sera pour la première fois importée et vendue dans les magasins Migros.

En outre, le distributeur défend le bien-être animal en dehors de l’Europe et plaide pour une amélioration significative des conditions de détention des chevaux au Canada.

Un signal fort pour les producteurs et les détaillants

«Nous offrons à nos clients une vraie plus-value, explique Bernhard Kammer, expert en développement durable à Migros. De plus, nous sommes convaincus que notre engagement pour le bien-être animal peut envoyer un signal à toutes les enseignes de distribution et à l’ensemble des producteurs en Europe.»

Davantage d'espace pour les dindes

En Hongrie, les dindes ont constamment accès au jardin d’hiver.
En Hongrie, les dindes ont constamment accès au jardin d’hiver.

Les consommateurs sont régulièrement scandalisés par des reportages tournés dans des élevages industriels à l’étranger. Ainsi, les images des conditions de détention indécentes des dindes en Allemagne, diffusées fin 2011 à la télévision, sont encore dans toutes les mémoires.

Il est vrai que les directives en vigueur au sein de l’Union européenne sont moins strictes que les normes suisses. Cela constitue un problème d’autant plus important que seulement 10% de la viande de dinde consommée en Suisse est issue d’une production helvétique. Et celle-ci ne couvre qu’environ 25% des besoins de Migros: le distributeur est donc dépendant des importations.

A compter de début novembre 2013, Migros proposera à ses clients de la viande de dinde provenant d’un élevage respectueux de l’espèce. Au cours des dix-huit derniers mois, Migros a travaillé en étroite collaboration avec un fournisseur de l’ouest de la Hongrie dans le but d’élaborer un plan de mesures ad hoc. Il est ressorti au final que le producteur s’engageait à respecter les directives de l’Ordonnance suisse sur la protection des animaux.

Possibilités de retraite dans les poulaillers

En quoi consistent concrètement ces nouveautés? «Nous avons réduit la densité de population: les animaux disposent désormais de beaucoup plus de place, explique Bernhard Kammer, expert en développement durable à Migros. Les nouveaux poulaillers respectueux de l’espèce accueillent 3700 dindes au maximum, contre 5000 auparavant.»

Désormais, ceux-ci comportent en outre un espace extérieur, à savoir un jardin d’hiver avec auvent qui couvre environ 20% de la superficie totale de la zone. Les animaux y ont accès à tout moment.

«Sur ce point, nous allons au-delà des normes minimales de l’Ordonnance suisse sur la protection des animaux», précise Bernhard Kammer. C’est également le cas pour une autre mesure: la création d’espaces de retraite pour les dindes. Il s’agit de grandes bottes de paille réparties à l’intérieur du poulailler. «Les animaux peuvent ainsi se mettre à l’écart ou se percher, ce qui réduit leur stress.»

Une autre mesure concerne le traitement des becs. Dans l’élevage de masse, on sait que les animaux de rente tels que les dindes ou les poules pondeuses ont tendance à s’arracher des plumes ou à se mordre. Pour éviter ce phénomène, on leur coupe une partie du bec. «Dans l’Union européenne, il s’agit d’une pratique courante, mais cela est interdit en Suisse», précise Bernhard Kammer. Cette interdiction vaut aussi pour les dindes du fournisseur de Migros en Hongrie. Là-bas, la partie supérieure légèrement plus longue du bec des dindes n’est pas coupée, mais épointée. «Elle est raccourcie chez les dindonneaux au moyen d’un laser – une opération réalisée exclusivement par des spécialistes qualifiés.» La pratique est identique en Suisse.

Les efforts de Migros ont porté leurs fruits: «Les producteurs ont compris que ces mesures amélioraient la santé des dindes, et ils se sont mis de tout cœur à la tâche.»

A l’automne 2013, date à laquelle le projet aura été mené à bien, trente poulaillers hongrois seront réaménagés selon les nouveaux critères en matière de bien-être animal. Dans un premier temps, les consommateurs trouveront à Migros des poitrines de dinde répondant aux nouvelles normes, puis suivront d’autres produits, par exemple de la charcuterie.

A noter que Migros prévoit aussi d’autres mesures à l’étranger. «Cette lutte est trop importante pour que nous reculions», explique Bernhard Kammer.

Auteur: Christoph Petermann, Michael West