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2 avril 2013

Des étoiles plein les yeux

Passionnée d’astronomie et de photographie, Alice Jacot-Descombes n’est pas du genre à laisser son âge freiner ses ambitions. Rencontre avec une octogénaire qui mord la vie à pleines dents.

Alice Jacot-Descombes dans son salon
Sa passion: «J’adorais recevoir le public lors des soirées à l’Observatoire. Les séances se terminaient en général autour de grandes questions philosophiques, telles que: sommes-nous seuls dans l’univers?»

«Je n’ai pas de petits-enfants, mais j’ai plein d’autres passions...». Effectivement, ce n’est pas demain la veille qu’Alice Jacot-Descombes, 81 ans, tombera dans le désœuvrement! Passionnée d’astronomie, férue de photographie, cette résidente de Fleurier (NE) ne laisse pas l’âge la limiter dans ses occupations.

Ce n’est pourtant que tardivement qu’elle a décidé de s’adonner à ses passions. «Je fais partie d’une génération où la voie était toute tracée pour les femmes: le mariage, les enfants, la tenue du foyer. Je ne regrette pas ce passage obligé. Mais lorsque mon fils et ma fille ont quitté la maison, je me suis demandé: et maintenant, qu’est-ce que je fais de ma vie?»

En 1989, elle s’inscrit donc à un cours d’astronomie. «Quand j’avais 7 ans, mon grand-père m’avait réveillée une nuit pour admirer une aurore boréale, un phénomène rarissime sous nos latitudes. Le ciel était complètement rouge!» Cinquante ans plus tard, lors d’une visite à l’Observatoire de Neuchâtel, elle retrouve le même émerveillement lorsque son professeur pointe le télescope sur Saturne et la nébuleuse d’Orion.

Avide de connaissances, l’octogénaire dévore alors tous les ouvrages d’astronomie qui lui tombent sous la main. Tant et si bien que trois ans plus tard, elle organise une soirée d’information à l’Observatoire afin de partager sa passion avec les Neuchâtelois. Ce sera le début d’une longue série... Et si aujourd’hui elle n’anime plus ces séances, elle continue à recevoir des coups de fils de curieux qui désirent en apprendre davantage sur les phénomènes qu’ils ont observés.

Et puis, il y a la photographie. Alice Jacot-Descombes capture la beauté qui l’entoure, les instants fugaces du quotidien. Avec un certain succès, puisque plusieurs de ses clichés ont été publiés dans L’Express. Autre signe particulier: voilà quarante ans qu’elle tient chaque jour un journal. «Comme ça, je sais où ma vie est passée.»

Alice Jacot–Descombes en quelques mots

Certaines poupées sont plus agées que leur propriétaire.
Certaines poupées sont plus agées que leur propriétaire.

Une collection
«Certaines de mes poupées anciennes ont plus de 100 ans. Je les achète dans des brocantes, l’une d’entre elles vient même de Berlin. Chacune a son histoire, c’est cela qui me plaît. J’essaie d’imaginer les générations d’enfants qui ont joué avec elles.»

La Nature est aussi artiste.
La Nature est aussi artiste.

Une image
«J’adore prendre en photo la cristallisation de l’eau sur les fenêtres, les formations glacées. L’idée qu’elles cesseront bientôt d’exister me touche beaucoup: le moment où je les observe n’appartient qu’à moi. J’ai l’impression de capturer l’éphémère.»

Un objet
«J’ai acheté mon télescope aussitôt après avoir suivi mes cours d’astronomie. J’ai passé des heures à essayer d’identifier les constellations... Je suis effarée quand j’entends dire que des enfants vivant dans des villes comme Paris n’ont jamais vu les étoiles.»

Capture d'écran de la page Facebook d'Alice Jacot-Descombes.
Capture d'écran de la page Facebook d'Alice Jacot-Descombes.

Un outil
«Lorsque je lisais des revues d’astronomie, je voyais souvent des renvois à des pages Web. Je commençais à me sentir infirme sans internet. J’ai donc décidé de suivre un cours d’informatique. Plus tard, mes enfants m’ont incitée à m’inscrire sur Facebook. Ça m’a permis de prendre contact avec la branche de ma famille émigrée en Alaska au début du siècle.»

Des cailloux venus droit du ciel.
Des cailloux venus droit du ciel.

Un trésor
«Un jour, j’ai rencontré un passionné de minéraux qui m’a offert une météorite. C’est comme ça que j’ai commencé ma collection. Je me promène toujours avec un petit aimant, au cas où je remarquerais un caillou bizarre. Et je me rends régulièrement à des bourses de marchands venus du monde entier pour m’en procurer...»

Auteur: Tania Araman