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18 avril 2016

Des fêtes ou défaites?

La chronique de Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

La chronique de Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

La saison des mariages approche à grands pas, alors ne lésinons pas. Déjà, une noce c’est mortellement ennuyeux on est bien d’accord. Ça dure des plombes, les mariés sont stressés, on se tape la famille, l’église si ça se trouve, les discours, la meringue (je parle de la robe donc), les jeux du club Med et/ou le diaporama des photos de quand les mariés étaient petits, et le retour en voiture avec le mal au crâne pour cause de champagne bon marché et les cloques aux pieds pour cause d’escarpins neufs.

Mais il y a désormais une foultitude de fêtes AVANT et APRÈS. Alors là je dis stop. Par exemple la jeune génération réactive le coup des fiançailles. Le tralala à l’anglo-saxonne avec un genou à terre, veux-tu m’épouser, la bague et tout. La nôtre de génération aurait préféré crever plutôt que de réunir tous les parents pour un repas de présentation officiel durant lequel tout le monde s’observe et se demande qui va payer pour le traiteur et si finalement cette jeune fille est un bon parti quand on voit ce que sa mère est devenue.

Mais il y a pire. Lorsque je vois un groupe de jeunes hommes ou de jeunes filles dont l’un est déguisé en Barbapapa ou avec des palmes ou en string ou que sais-je et qui est en train d’aborder les passants, j’ai envie de disparaître 6 pieds sous terre. Car on parle bien d’enterrement. L’enterrement de vie de jeune fille ou de jeune homme c’est quand même le sommet du blues, non? D’après mes sources, c’est surtout un immense malentendu. Ça ennuie les meilleurs amis de préparer la chose, et ça ennuie le/la fiancé/e d’y participer. Mais tout le monde fait semblant de se trémousser devant un Chippendale ou d’être content de se faire offrir une strip-teaseuse. Eh sérieux, le mariage de nos jours, c’est pas comme si on n’avait jamais vu un sein ou un zizi, ou bien?

Et ce n’est pas fini. Il y a une nuisance qui arrive à grands pas de l’autre côté de l’Atlantique, le baby shower. A savoir la fête pré-naissance: vous êtes enceinte jusqu’aux oreilles et vos amies offrent plein de cadeaux pour le bébé. Attends, il n’est même pas né et il a déjà des cadeaux! Après on viendra se plaindre des enfants rois et on appellera Super Nanny pour qu’elle nous écrive sur un tableau noir les règles à respecter dans la maison.

Alors, première règle, on fait des fêtes qui nous font plaisir, à des dates qui nous font plaisir, avec des gens qui nous font plaisir, sans cadeaux ou seulement des cadeaux qui nous font plaisir. Promis, on y pensera pour la divorce-party.

Texte © Migros Magazine – Martina Chyba

Auteur: Martina Chyba