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4 mars 2013

Des habits impeccables sous tous rapports

Migros est une pionnière dans le secteur de la production de textiles respectueuse de l’environnement. A l’avenir, le distributeur veut poursuivre dans cette voie et s’engage par une nouvelle promesse Génération M.

Ouvrières asiatiques contrôlant la qualité des T-Shirts
Le standard Eco permet de retracer
le parcours de chaque produit du 
début à la fin de la chaîne.

Nous promettons que tous les textiles des marques Migros seront produits de manière écologique et socialement acceptable d’ici à fin 2017 et d’en assurer la traçabilité.

Une grande partie des habits que nous accumulons dans nos armoires proviennent des pays émergents comme la Chine ou l’Inde. Or, il faut savoir qu’un même vêtement est souvent l’œuvre de plusieurs entreprises spécialisées et que toutes ne respectent pas les dispositions légales en matière de travail et de respect de l’environnement. Le processus de teinture, par exemple, peut faire intervenir des substances chimiques nocives pour l’homme et l’environnement.

Pour éviter ces problèmes, Migros a édicté, en 1996 déjà, son standard Eco pour les textiles garantissant des conditions de travail acceptables et une utilisation des ressources naturelles qui ménage l’environnement.

Les normes Eco sont plus strictes que les dispositions légales

Ce label existe depuis plus de 15 ans.
Ce label existe depuis plus de 15 ans.

«Quand nous avons introduit notre standard Eco, il n’existait rien de comparable dans la branche du textile qui aurait pu satisfaire nos exigences, déclare Daniela Suter, responsable du développement durable à la Direction near et non-food de Migros. C’est que nous ne voulions pas seulement pouvoir analyser les produits finis dans nos laboratoires, mais aussi adopter une approche préventive.»

Le standard Eco de Migros se base sur trois mots d’ordre: éviter, diminuer et remplacer. Une mesure consiste notamment à éliminer d’emblée toute substance nocive du processus de production. Et quand l’emploi de produits chimiques est nécessaire, leur impact sur l’environnement doit être réduit autant que possible si une alternative plus écologique n’est pas envisageable.

«En ce qui concerne l’emploi de produits chimiques durant la production, toute la partie humide constitue un point clé, précise Daniela Suter. Durant cette phase, le tissu est teint, décoloré et imprimé.» Le standard Eco interdit par exemple l’usage d’eau de Javel, les lessives contenant des substances nocives et les méthodes de teintures susceptibles de favoriser le cancer. «Le respect de ces directives est impératif», affirme Daniela Suter.

Il n’est cependant pas toujours simple d’obtenir les mêmes résultats avec des produits écologiques qu’avec les produits conventionnels. «Dès que nous avons connaissance de progrès techniques, nous les intégrons aussitôt au standard Eco, indique Daniela Suter. Nos directives sont toujours nettement plus strictes que les dispositions légales, même celles du droit suisse.»

Un organisme indépendant baptisé Global Sustainable Management (GSM) est chargé de contrôler l’application du standard. Du fil à la fermeture éclair, tous les éléments sont vérifiés. «Nous pouvons remonter la chaîne de production pour toutes les parties du vêtement, jusqu’à l’atelier de filature qui a transformé le coton», assure Daniela Suter.

Une collaboration étroite avec les fournisseurs

Migros attache une grande importance à ce que les fournisseurs soutiennent pleinement le standard Eco. «Nous aidons nos partenaires à s’adapter aux conditions et à les mettre en œuvre.» Et quand des manquements ont été constatés, les améliorations nécessaires sont indiquées et leur application contrôlée. «La sensibilisation au thème de l’environnement et la transmission des connaissances sont nos préoccupations centrales.»

Le standard Eco remplit par ailleurs les exigences du code BSCI (Business Social Compliance Iniative). Cette charte garantit le respect de critères sociaux et sanitaires dans les entreprises. Cette initiative, qui compte plus de neuf cents partenaires, est la principale en son genre au niveau mondial.

Directeur de la BSCI, Lorenz Berzau salue l’engagement de Migros: «Le programme Eco contribue à améliorer la sécurité des conditions de travail au sein des entreprises de production et à protéger la santé des collaborateurs.»

Aujourd’hui près de 3500 articles, soit 65% de l’assortiment de vêtements Migros, satisfait au standard Eco. Toutefois, Migros ne se contente pas de ce résultat.

L'étape du filage du coton.
L'étape du filage du coton.

Dans le cadre de son programme Génération M, le distributeur s’engage à ce que d’ici fin 2017, l’ensemble des marques de textiles qu’elle produit remplissent les critères de ce standard.

Cet objectif est ambitieux, comme le confirme Daniela Suter: «Migros ne propose pas que des articles en coton, elle vend aussi des vêtements techniques de sport.»

En quoi est-ce donc un défi supplémentaire? Felix Kubat, directeur de SportXX, répond: «Un habit de trekking peut être constitué de vingt pièces provenant chacune d’un autre fournisseur. Or, chaque étape de cette chaîne de livraison doit être contrôlée pour correspondre au standard Eco.»

A cela s’ajoutent les exigences concernant le matériel utilisé. «Les vêtements de sport doivent satisfaire des critères bien particuliers. Ils doivent par exemple être imperméables et protéger du vent.» Cela nécessite une collaboration entre les chercheurs, l’industrie chimique et les producteurs pour trouver les techniques permettant de fabriquer des vêtements à la fois fonctionnels et écologiques.

Malgré ces défis à relever, Daniela Suter reste convaincue que Migros pourra tenir sa promesse: «Le standard Eco représente plus qu’un but à atteindre. Il est un moyen de favoriser la production durable, et nous sommes déjà bien avancés dans cette voie.»

Auteur: Andreas Dürrenberger

Photographe: Daniel Kälin