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27 mai 2013

Des poires et des scoubidous

Cette semaine, Isabelle Kottelat a la nostalgie des scoubidous, dont les couleurs acidulées et la matière plastique avaient fait la joie de beaucoup dans les cours de récré des années 80.

dessin d'une main dont les doigts sont tressés ensemble
Le scoubidou signe son retour dans les cours d’école. Qui sait encore comment 
les tresser?

Une fois arrivée à l’âge adulte, la génération Casimir n’est pas trop dépaysée: après Goldorak, Albator et Capitaine Flam hurlés jusqu’au bout de la nuit dans toutes les fêtes, les chanteurs des années 80 qui font leur come-back, voici le retour… du scoubidou. Est-il jamais vraiment parti?

En tout cas, il reprend le chemin de l’école, se tricote dans les cartables et les ateliers parascolaires. Et les gamins d’aujourd’hui, entre deux tapotages de tablettes et téléphones portables, redemandent à leurs gentilles mamans de les tresser. Bien que nées dans les années scoubidous, ces dernières peinent.

Heureusement pour elles, tous les magazines de mode et travaux, les sites de bricolage et même Facebook s’y mettent pour leur rappeler comment entrelacer ces fils de plastique multicolores en hideux porte-clés kitsch. Il y a même un livre qui vient de sortir sur le sujet, proposant des scoubidous à deux, trois ou dix fils. Parce que, bien sûr, avec les années, les formes se sont complexifiées. On peut désormais confectionner des escargots, des abeilles ou des avions. En cuir, en ficelle ou en crin.

Pas loin des origines. Qu’on se le dise, le scoubidou n’est pas qu’une relique des années 80. Il existait déjà bien avant en Provence. Au XIXe siècle précisément. Il n’était bien sûr pas tressé de plastique, mais de poils de vieux balais ludiquement recyclés. On s’amusait avec ce qu’on avait sous la main!

Bien sûr, ces brins de pastique creux ont été surtout follement médiatisés par Sasha Distel en 1959 avec sa chanson de pommes, de poires et de scoubidous. D’aucuns disent qu’il ne savait pas ce qu’il chantait. Juste des onomatopées piquées aux chanteurs de jazz américain – scoo bi doo bi dooh ah – qu’on a traduites en scoubidou par la suite.

Ce qu’on sait davantage, c’est que ces torsades rondes ou carrées remettent aussi au goût du jour d’anciens nœuds marins qui tiennent le scoubidou à sa base. Une boucle, deux boucles, et on passe le premier fil dans le deuxième. Ou inversement… Nœud plat, nœud simple, nœud tête d’alouette: le macramé n’est, lui, jamais très loin non plus.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck