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11 février 2013

Des prénoms à croquer

Comment choisir le prénom d'un enfant à venir? Isabelle Kottelat fait le tour du monde des usages en la matière.

Dessin d'une poussette

Clafoutis: ça se laisse déguster. Et pas qu’en gâteau. C’est aussi un prénom, comme celui de la fille du couturier français André Courrèges. Un bébé à croquer? Pas longtemps, puisque son prénom est ensuite devenu Marie...

Dans le genre enfant-confiserie, il existe aujourd’hui une tripotée de Vanille (un millier de Françaises nées dans les années 80), un plein panier de Cerise et quelques Framboise. Sans compter toutes les Prune, Pomme, Clémentine, Olive. Plus surprenant, Airelle ou Anis. Plus sucré, Gaufre ou encore Gaufrette… Et dire qu’en 2013, ce sont les très communs Manon, Emma, Lilou, Lucas, Arthur et Jules qui trônent fièrement au sommet des hit-parades…

Mais bon, les parents ne se sont pas toujours pris la tête pour donner un nom à leur progéniture. Dans l’Antiquité, on héritait du prénom de son père – fémi­nisé pour une fille – pioché dans un lot d’une quarantaine de noms et on y ajoutait quelques prénoms bénéfiques suggérés par les devins. Dès l’ère chrétienne, on écopait généralement du nom du saint du jour de sa naissance. Quand ça a commencé à faire beaucoup de Jean, Pierre et Paul, on a ajouté, pour les différencier, des noms de famille liés au lieu de résidence (du chêne), au métier (marchand) ou des surnoms (le grand).

Aujourd’hui, certains parents ne nomment pas leurs enfants de suite. Au Rwanda, les nouveaux-nés sont appelés «Garçon» ou «Fille»; on attend qu’ils grandissent pour leur choisir un prénom. En Chine, on peut hériter d’un chiffre: «Le premier» ou «Le deuxième». Tout comme en Afrique de l’Ouest,où Samba signifie «deuxième fils».

Les enfants des Navajos portent des prénoms secrets au précieux pouvoir protecteur. En Mongolie, on affuble les enfants de vilains noms pour faire peur aux mauvais esprits. Et si, chez nous, on garde son prénom pour la vie – sauf incompatibilité majeure, auquel cas on peut en changer, moyennant finances –, en Corée, par exemple, l’enfant reçoit un prénom en naissant et un prénom à l’entrée à l’école. Une fois adulte, il peut en choisir un troisième qu’il gardera alors jusqu’à la fin de ses jours.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck