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30 mai 2016

Des soins de pointe

La célèbre pratique chinoise de l’acupuncture se décline aussi en version esthétique, sur le visage. Préventif ou tonifiant, ce type de soins rencontre un succès grandissant, loin des interventions lourdes de la chirurgie plastique.

Un homme en train de se faire appliquer des aiguilles d'acupuncture sur le visage.
Les aiguilles servant à l’acupuncture mesurent à peine plus
d’un centimètre et demi et ne sont plantées que superficiellement dans la peau.

Une précision d’abord: «L’acupuncture du visage ne rajoute ou n’enlève rien. Pas plus que je ne paralyse ou ne brûle.

Tout est affaire d’énergie que l’on stimule pour que les ressources intérieures rayonnent à l’extérieur.»

Sylvie Wyler manie les aiguilles (en or, pour le visage) depuis 1993 après s’être formée au Québec, alors pionnier en la matière. «L’enseignement y était l’équivalent d’une haute école spécialisée publique chez nous. La physiologie comme l’anatomie ou la pathologie faisaient partie intégrante du cursus», explique l’acupunctrice installée depuis huit ans dans un charmant cabinet proche du parc de Milan, à Lausanne.

Avec le recul des praticiens de longue date, elle nous explique qu’anatomie comme pathologie s’avèrent fondamentales, car elles lui permettent de connaître ses limites. «Je me suis lancée dans l’acupuncture après des années comme assistante médicale.

Je n’oppose pas du tout médecines chinoise et occidentale.

Au contraire, j’encourage mes patientes à avoir un médecin traitant lorsqu’elles me semblent chroniquement en mauvaise santé.»

Un traitement régulier et préventif

Le volet esthétique de l’acupuncture intéresse surtout les femmes. «Chez moi, on commence par une série de trois ou quatre séances hebdomadaires pour poursuivre par un rendez-vous tous les deux ou trois mois. Mais il n’y a pas de règle stricte: mes patientes les plus jeunes viennent ensuite seulement deux fois par an», m’explique Sylvie Wyler en rappelant les fondamentaux de la médecine chinoise: une médecine de fonction et énergisante tenant compte des cycles fondamentaux des saisons comme de la vie, les fameux yin et yang.

On dit qu’autrefois, chez les Chinois, le médecin n’était payé que lorsque sa salle d’attente était vide. Une vision très opposée à la nôtre,

sourit-elle. Avant d’aller s’allonger sur un petit lit médical, une petite anamnèse s’impose. Il n’y a pas réellement de contre- indication, à part peut-être les peaux très tannées et fatiguées par le soleil qui auront de la peine à être revivifiées.

Il s’agit surtout, en quelques questions, de déterminer l’état de santé et le mode de vie de la personne.

Le traitement fonctionne chez tout le monde, mais pas avec la même intensité.»

D’ailleurs Sylvie Wyler se fait un point d’honneur à répondre aux besoins de chaque patient. «La personne qui vient me voir reste la mieux placée pour savoir ce dont elle a besoin.

Ecoute et confiance sont les maîtres mots de la relation thérapeutique.»

En séance avec Sylvie Wyler

Passage du rouleau sur l'épiderme.
Un petit rouleau en métal serti de picots permet de détendre l’épiderme.

La peau doit être préparée avant l’utilisation des aiguilles. Pour cela, Syvlie Wyler utilise un petit rouleau en métal serti de picots qui permettent de détendre l’épiderme. Contrairement aux apparences, nul besoin de stresser: comme tout le reste de la séance, cette opération n’a rien de douloureux.

Les aiguilles sont sorties de leur emballage.
Les aiguilles, très fines, sont en or.

Le visage a droit à des aiguilles en or. A la fin d’une séance, le client repart avec «ses» aiguilles plongées dans une solution alcoolisée. Il les reprendra pour la séance suivante.

Le journaliste en traitement.
Rien n'est laissé au hasard quant à l'endroit où les aiguilles sont plantées.

Entre trente et quarante aiguilles sont posées à des endroits bien précis du visage. A part un petit pincement parfois, l’opération ne procure aucune douleur. C’est même plutôt agréable. Et cela tombe bien puisque s’ensuivent une quarantaine de minutes à rester allongé.

Texte: © Migros Magazine | Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Loan Nguyen