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16 novembre 2014

Dessin et coloriage: les nouvelles armes contre le stress

Souvent estampillés art-thérapie, à tort ou à raison, les cahiers de motifs à reproduire ou à décorer font fureur dans les librairies. Au-delà d’une pause relaxante dans notre quotidien agité, ont-ils autre chose à nous apporter?

De nombreux cahiers permettent de se libérer de ses tensions tout en dessinant.
De nombreux cahiers permettent de se libérer de ses tensions tout en dessinant. Photo Plainpicture

Vous l’avez peut-être remarqué: depuis quelques mois, un nouveau rayon a fait son apparition sur les étals des librairies. Annexé à celui des beaux-arts ou du développement personnel, c’est selon, il regorge de cahiers de coloriage aux motifs les plus variés, allant du jardin zen au mandala, en passant par les paysages urbains, les reproductions de vitraux ou les bestiaires enchantés.

Certains s’accompagnent d’un CD de musique apaisante, tandis que d’autres se déclinent sous la forme de cartes postales ou de posters XXL. Une petite minorité incite même à un pas supplémentaire sur le chemin de la créativité, en présentant une page blanche au lecteur/utilisateur et en lui proposant d’esquisser ses propres rosaces, motifs et mondes merveilleux.

Thérèse Dupont, présidente de l’association professionnelle suisse des art-thérapeutes (APSAT).
Thérèse Dupont, présidente de l’association professionnelle suisse des art-thérapeutes (APSA).

Le but de cette nouvelle littérature? Détendre, relaxer, tranquilliser, bref: offrir une petite bulle zen dans un monde de plus en plus stressé. Si Thérèse Dupont, présidente de l’association professionnelle suisse des art-thérapeutes (APSAT), ne nie pas les propriétés calmantes d’une telle activité – «Se perdre dans le mouvement peut en effet avoir un côté méditatif, relaxant» – elle pointe du doigt en revanche le mélange des genres, la plupart de ces ouvrages étant estampillés art-thérapie. «L’utilisation de ce terme prête à confusion, met-elle en garde. Notre profession, qui est de mieux en mieux protégée, implique un certain cadre dans lequel le patient peut s’exprimer sous le regard bienveillant du thérapeute. L’échange sur la création avec ce dernier est également primordial.»

Pour la spécialiste, ces cahiers de dessin ou de coloriage sont donc davantage à classer dans la catégorie des loisirs, au même titre que la lecture ou la marche.

Toutes ces occupations procurent du bien-être, mais on ne peut en aucun cas parler de thérapie.

Loin d’elle toutefois l’idée de diaboliser cet engouement pour la créativité. «Le travail créatif permet d’aller au-delà des mots, d’entrer en contact avec son inconscient, de laisser parler ses émotions.» Des buts vers lesquels on peut tendre, dans une certaine mesure, par le biais des cahiers de dessins et de coloriage.

Quoi qu’il en soit, les adeptes de ce nouveau loisir sont nombreux, à en croire la prolifération et la variété des ouvrages et méthodes proposés. Pour expliquer ce succès, les cabinets de tendances parlent de l’attrait actuel pour les arts créatifs, de la facilité d’accès d’une telle activité – pour les plus économes, il existe une pléthore de motifs à imprimer sur internet – ainsi que de notre besoin d’échappatoire et de retour en enfance en cette période de crise économique...

© Migros Magazine – Tania Araman