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21 septembre 2015

Deux hommes au grand cœur

Durant une journée organisée par la fondation Just For Smiles, Max Alter, directeur de Migros Valais, et Marc Schaefer, directeur de Migros Vaud, ont redonné le sourire à des personnes en situation de polyhandicap.

Just for Smiles
Max Alter, directeur de Migros Valais et Marc Schaeder, directeur de Migros Vaud, accompagnés de Terence Wilsher, chef de projet à la fondation Just For Smiles, ont permis à Stéphane de passer une belle journée dans la région de Salvan (VS).

En 2014, la Fondation Prix Adele Duttweiler remettait son prix éponyme de 100 000 francs à Just For Smiles, une organisation permettant à des personnes en situation de polyhandicap de pratiquer une activité sportive et, partant, d’égayer leur quotidien (lire encadré).

«Donner de l’argent est quelque chose de relativement facile; donner de son temps en allant sur le terrain est plus compliqué. Mais c’est le meilleur moyen de réellement prendre conscience de l’admirable travail réalisé par Just For Smiles», explique Max Alter, président de la Fondation Adele Duttweiler et directeur de Migros Valais, en arrivant sur un parking de Salvan (VS).

Max Alter, président de la Fondation Prix Adele Duttweiler et directeur de Migros Valais
Max Alter, président de la Fondation Prix Adele Duttweiler et directeur de Migros Valais.

C’est ici, par ce beau matin de fin d’été, que Terence Wilsher, chef de projet à Just For Smiles, a donné rendez-vous à Max Alter et à Marc Schaefer, directeur de Migros Vaud, qui avait l’an passé proposé la fondation comme récipiendaire. Les directions générales in corpore des deux coopératives complètent les troupes. But de la journée: partir en escapade avec des défavorisés de la vie et leur offrir une journée en montagne. «Je me réjouis de ce moment de partage. Ce sera une belle expérience de vie», s’enthousiasme Marc Schaefer.

Des fauteuils roulants tout-terrain

Marc Schaefer, directeur de Migros Vaud.
Marc Schaefer, directeur de Migros Vaud.

Avant d’accueillir les pensionnaires de La Castalie de Monthey (VS), la petite troupe s’initie au maniement des joëlettes, ces drôles de machines oscillant entre la chaise à porteurs et le fauteuil roulant et capables véritablement de sortir des sentiers battus.

«Une bonne coordination est nécessaire entre le pilote de devant qui ouvre la route et celui de derrière qui peut actionner le frein ou le petit moteur, explique Pascale Fresquet de l’association HandicapRando, mandatée par Just For Smiles pour encadrer la balade du jour. Une troisième personne doit rester sur le côté pour s’assurer que le passager ne glisse pas du siège et lui tenir compagnie. La dimension relationnelle est essentielle.»

Puis, c’est au tour de Kim, Marie-Noëlle, Nicolas et Stéphane, quatre pensionnaires de La Castalie accompagnés des éducatrices Marine Donnet et Marine Gay d’arriver. Après avoir fait connaissance, tout le monde s’en va rapidement à travers champs.

Racines, grosses pierres, raidillons et même marches d’escalier: les joëlettes passent partout. «Le choix des parcours ne se fait toutefois pas au hasard. Nous devons analyser au préalable les déclivités et la présence de gros obstacles. De plus, il ne faut pas s’éloigner de la plaine et s’inquiéter de la présence de toilettes adaptées, explique Jean-Michel Koehler, de HandicapRando qui est en train de préparer un guide de randonnées en joëlette pour les familles. «Nous ne pensions pas que nous pourrions rouler sur ce genre de terrains accidentés», expli­quent en chœur Max Alter et Marc Schaefer alors qu’ils transportent Stéphane visiblement très à l’aise. Et quand l’entrave, telle une voie de chemin de fer, nécessite un effort commun, tout le monde apporte son aide pour porter les véhicules par-dessus les rails. «Dans ces moments, il n’y a plus de hiérarchie, sait Terence Wilsher. C’est pourquoi nous organisons régulièrement des journées – les Smiles Days – pour des entreprises ou des associations. Ces sorties permettent de tisser des liens entre les membres d’une même équipe. Surtout, elles remettent l’église au milieu du village et nous font réaliser la chance que nous avons, nous et nos enfants, d’être en bonne santé.»

Cinq heures d’efforts

Durant toute la journée, à l’ombre des feuillus ou sous un soleil éclatant, les directeurs Migros transporteront leurs passagers ravis de leur journée. Les nombreuses petites pauses pour se désaltérer ou remettre un chapeau en place sont aussi l’occasion d’en savoir plus sur la région. Ainsi, Pascale Fresquet et Jean-Michel Koehler expliquent avec passion les drôles de formations géologiques – d’étranges dos de baleine – que l’on peut apercevoir le long du chemin et invitent les participants à éveiller les sens de Kim, Marie-Noëlle, Nicolas et Stéphane en leur faisant par exemple sentir une fleur trouvée en route.

«Leurs rires et leurs cris de joie sont pour moi le plus beau des cadeaux, explique Marc Schaefer alors que la troupe arrive au zoo des Marécottes, but de la balade qui aura duré près de cinq heures avec une pause de midi. J’ai aimé me sentir responsable de Stéphane.» Et Max Alter de conclure: «Cette randonnée nous a permis d’aller jusqu’au bout de la remise du prix et de réaliser la plus belle chose: être utile.»

Texte © Migros Magazine – Pierre Wuthrich

Auteur: Pierre Wuthrich

Photographe: Laurent de Senarclens