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14 octobre 2013

«Dis, maman, pourquoi t’as pas de zizi?»

Terre à terre ou philosophiques, les questions des petits se font parfois bien embarrassantes pour les parents. S’il n’est pas toujours aisé de trouver une explication, rien ne sert pour autant de botter en touche.

Un enfant et sa maman enceinte
Sexualité, religion, mort ou science... pas facile de répondre à toutes les questions de ses enfants. (photo: Keystone)

Il est où ton zizi, maman?» Ce jour-là dans la salle de bain, face à la question de son fils de 3 ans, Thérèse se souvient avoir dû réfréner une envie de rire teintée d’embarras. Ce d’autant que son petit garçon ne s’est pas contenté d’en rester là. «Je lui ai dit qu’on ne le voyait pas parce que j’étais une fille et il est ensuite allé voir derrière moi si je ne le cachais pas», raconte la jeune maman. Quelque temps plus tard, il s’exclame soudain dans son bain: «Maman, j’ai trouvé un œuf!» «Il s’agissait en réalité d’un de ses testicules, poursuit-elle. Depuis, il répète que son œuf va bientôt éclore et qu’il y aura un caneton dedans…»

«Tourner la situation à la rigolade tout en expliquant»

Qu’il s’agisse de sexualité, du sens de la vie ou de la mort, tôt ou tard, tout parent finit par se trouver confronté aux interrogations légitimes mais parfois un brin embarrassantes de son enfant. Un grand-papa qui décède, un chat qui meurt accidentellement et voici que les questions et les inquiétudes liées à la mort surgissent.

Face à ces questionnements philosophiques ou terre à terre, nombreux sont les parents pris de court. Le fantasme de la réponse idéale peut aussi donner le sentiment de ne pas être à la hauteur. Claude Halmos, psychanalyste:

La panique qu’engendrent chez les parents certaines questions de leurs enfants est en général assez mal supportée, écrit la psychanalyste Claude Halmos. Ils en ont honte, parce qu’ils sont persuadés que d’autres à leur place seraient plus à l’aise. Ce qui est faux.»

Si elle n’a pas paniqué, Thérèse reconnaît que les questions et les remarques de son fils liées au sexe la mettent parfois dans l’embarras. «Expliquer pourquoi son testicule n’est pas un œuf et qu’aucun canard n’en sortira, je trouve cela un peu difficile. Pour le reste, j’essaie de tourner la situation à la rigolade tout en expliquant.»

Pas évident non plus de répondre à son cher petit lorsqu’il vous demande pourquoi les nuages flottent dans le ciel, ce qu’il y a après la mort et si on croit en Dieu, raconte de son côté Alain, papa d’Augustin, 8 ans. «Les questions liées à la religion sont les plus embarrassantes. Concernant la fabrication des bébés, je m’en suis tenu à la petite graine quand il était petit, se souvient-il. Mais parfois, il est bien de pouvoir différer sa réponse.» Et d’ajouter: «Souvent, on veut en dire trop et nos réponses finissent par susciter des interrogations en cascade.»

Auteur:
Viviane Menétrey