Archives
9 juillet 2012

Dis tonton pourquoi tu bâilles?

Le baillement, à quoi ça sert? Pas évident de se mettre d'accord sur une réponse claire et définitive...

Croquis d'un homme baillant fort
De nombreuses 
hypothèses circulent à propos de l’utilité du bâillement.

Rendez-vous compte! Il s’est tenu, à Paris, en 2010, une Conférence mondiale du bâillement. Soporifique, me direz-vous. Point du tout. Savez-vous, déjà, pourquoi vous bâillez? Non, vous savez QUAND vous bâillez: lorsque vous avez sommeil ou faim ou que vous vous ennuyez à cent sous l’heure. Mais on – vous, moi, de nombreux illuminés et, depuis peu, quelques grands scientifiques – se pose la question du pourquoi depuis plusieurs milliers d’années. Sans réponse définitive pour l’instant.

Au chapitre des hypothèses, dont peu sont avérées, le bâillement a été expliqué comme une forme de respiration qui oxygène le cerveau et sort le mauvais air. Idée bazardée dans les années 1980 quand on a réalisé qu’en faisant du sport, on se décrochait moins la mâchoire qu’au repos. Et comment expliquer les bébés qui bâillent dans le ventre maternel rempli de liquide… et dont les poumons ne fonctionnent pas encore? Puisqu’on bâille quand on est fatigué ou quand on se lève le matin, c’est donc pour se réveiller, a-t-on imaginé. Mais plusieurs études, dont une très sérieuse à Berne, se sont attelées à mesurer la vigilance dans le cerveau; elles ont révélé que les gens qui bâillaient étaient certes fatigués, mais pas plus réveillés après avoir ouvert grand la bouche. La fatigue n’est qu’un déclencheur, comme la faim.

Les Américains ont même avancé que le bâillement sert à refroidir le cerveau, quand on travaille beaucoup, donc qu’on est fatigué. Idée pas si farfelue puisque là où la température augmente rapidement, les bâillements aussi… Théorie plus sociale, le bâillement sert à mieux communiquer en groupe: on bâille, donc on est fatigué: allons donc nous coucher. Ou bien tout le monde comprend qu’on a faim ou qu’on s’ennuie. D’où aussi son effet contagieux: je bâille, tu bâilles, tout le monde bâille.

Une chose est sûre, c’est que là où il y a décrochement de mâchoire, il y a aussi étirements musculaires. C’est lié. Mais quant à savoir à quoi ça sert. D’aucuns commencent à explorer la piste d’un effet préparatoire sur les muscles, histoire de mieux réagir à une attaque ou d’être prêt à aller chasser… Bâillons donc un petit coup le matin avant de courir au bureau!

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck