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18 mai 2015

Dombes et Saône: nature et culture

Ecosystème unique avec ses fameux étangs, artisanat vivant, mais aussi riche patrimoine historique et délices culinaires: cette destination offre de lumineux attraits pour tous les âges et tous les goûts.

Vue aérienne sur les étangs de la Dombes
À moins de deux heures de Genève, le patrimoine historique et naturel de la Dombes et Saône enchantera ses visiteurs.

C’est ici une tradition millénaire, «depuis que les moines bénédictins et chartreux sont venus au XIe siècle emménager des digues et créer les premiers viviers à poissons.» Posté devant l’étang du très beau château de Glareins, à Lapeyrouse, Joseph -Pierre Seve, que tout le monde en Dombes appelle «Minou», est pisciculteur depuis toujours. Et intarissable sur cet écosystème si particulier constitué par quelque 1200 étangs, faisant de la Dombes la première région de pisciculture en eau douce de France.

Il y a eu jusqu’à 2000 étangs, avec parfois des excès dans leur assèchement, et il a fallu du temps pour trouver le juste équilibre avec la nature.»

Ici, au milieu des brochets, tanches, rotengles et autres gardons, la reine reste la carpe: elle représente «60% du produit d’une pêche qui atteint en moyenne 250 à 300 kilos par hectare d’étang.»

Prendre le temps de découvrir

Cet univers unique ne se découvre jamais mieux qu’à pied ou en vélo, à une cadence qui permet d’en percer quelques secrets. Passer à vive allure sur les petites routes qui bordent les étangs nous priverait de saisir les subtiles chaînes qui relient parfois jusqu’à une vingtaine d’entre eux, et dont le système de captation d’eau est encore réglé par le «Truchelut» , un document datant du XVIIIe siècle.

En automne, le paysage dombiste vit au rythme de la pêche pratiquée avec des techniques ancestrales. Selon des cycles savamment réglés, chaque étang est ensuite «remis en eau» ou «laissé en assec» une année pour être nettoyé et cultivé avec des céréales jusqu’à l’automne suivant. Pareil biotope convient à merveille aux oiseaux, migrateurs ou sédentaires. 130 espèces, parfois rares comme l’échasse blanche, la spatule ou la nette rousse, y nichent.

Entre octobre et avril, les étangs accueillent des milliers de milouins, morillons, sarcelles, souchets et autres canards sur le chemin de leur migration. Avec des jumelles (et un peu de patience), on aura peut-être la chance d’admirer la parade d’un couple de cigognes ou le passage furtif d’un martin pêcheur.

Si l’on a peu de temps, on peut s’arrêter à l’observatoire de l’étang de Turlet, à Villars-les-Dombes. Créé par l’association des Amis du parc des oiseaux de la réserve de la Dombes, il permet de découvrir la faune et la flore locales en bordure de la réserve ornithologique départementale de la Dombes. On y accède par le sentier Pierre Poivre depuis la gare, par le Parc des oiseaux, ou à partir de la D1083.

Châtillon-sur-Chalaronne et Trévoux

e bâtiment des halles de Châtillon-sur-Chalaronne
Le bâtiment des halles de Châtillon-sur-Chalaronne, reconstruit après un incendie au 17e siècle, est classé monument historique.

A moins de deux heures de Genève, cette destination vaut aussi le détour par son riche patrimoine historique et quelques charmantes cités, à l’image de Châtillon-sur-Chalaronne. Classée parmi les «Plus Beaux Détours de France» et les villes les plus fleuries (9% du budget de fonctionnement y est consacré), la bourgade de 5000 habitants abrite plusieurs artisans d’art, quelques ruelles médiévales de caractère et des halles du XVIIe dévolues à des marchés.

Maquette d'une gare
Les maquettes du Musée du train miniature fourmillent de détails.

Patrick Chrolle y a créé un petit musée du train miniature, mettant 35 ans à fignoler sa maquette couvrant 120 mètres carrés et fourmillant de détails insolites et amusants (n’oubliez pas de regarder à travers les petites fenêtres illuminées!).

Chemin faisant, on notera également la statue de Saint Vincent de Paul, ou encore que c’est ici que naquit Philibert Commerson, naturaliste et voyageur célèbre pour avoir participé au tour du monde de l’expédition de Bougainville et référencé une bonne centaine de variétés florales dont l’hortensia.

Une ex-capitale pittoresque
Autre ville de charme, Trévoux, qui vaut d’abord par ses charmants kilomètres de bords de Saône que promeneurs et cyclistes ont tout à eux. Ce fut aussi la capitale de la Principauté des Dombes, sorte de petit
Monaco indépendant du royaume de France pendant deux siècles (1560-1762). Abritant longtemps de nombreux orfèvres, Trévoux attire aujourd’hui nombre d’artisans et d’artistes, notamment grâce à des propositions de locaux à loyer modéré.

Près d’une quinzaine d’entre eux se situent le long de la bien nommée «rue des arts», en marge de la vieille ville. Parmi eux, Elisabeth Adam, jeune restauratrice et doreuse à l’ancienne, ou encore Bastien Golliard, l’un des très rares luthiers spécialisés dans la harpe, qu’il crée ou qu’il répare.

Le Parc des Oiseaux

Des oiseaux virevoltent autour du public dans l'arène.
Des oiseaux de toutes plumes virevoltent au grand ravissement du public.

Etape incontournable de la destination Dombes et Saône, le Parc des Oiseaux, le plus grand de France et l’un des principaux en Europe avec ses 35 hectares, permet aux petits comme aux grands de découvrir quelque 300  oiseaux dans leurs habitats naturels recréés et répartis selon les diverses régions du monde.

De nouveaux venus font sans cesse apparition: après le coq de Roche l’an dernier, c’est au tour du gypaète barbu – avec une femelle nommée Nikita, née en 2009 dans l’un des six centres de reproduction européen à Sallanches – de rejoindre ce parc mis en place par un passionné d’ornithologie en 1970. «Nous avons également développé notre propre programme de reproduction, avec notamment plusieurs naissances de pélicans frisés, les premières sur le continent», assure Didier, soigneur animalier depuis 20 ans ici etresponsable de la «zone sud».

Une journée bien remplie

Il existe de multiples façons de découvrir le parc, mais il faut compter une journée pour une visite quelque peu approfondie. Cela tombe bien: situées en pleine nature, les zones de pique-nique et de restauration se montrent des plus accueillantes. Parmi les activités incontournables: le «repas» des loris, ces petits perroquets multicolores et charmants qui viennent déguster un «nectar» préparé par le personnel en se baladant sur votre bras ou toute autre partie du haut de votre corps. Et puis bien sûr le spectacle, qui depuis 2008 réjouit le public une fois par jour, voire plus en cas de forte affluence. Grâce à la technique dite de l’imprégnation: en naissant, l’oiseau fera confiance au premier être vivant qu’il verra.

Dans l’amphithéâtre offrant 850 places (et même jusqu’à 1000 lors des Musicales qui s’y tiendront du 29 juin au 4 juillet 2015, avec Grand Corps Malade, Hugues
Aufray et Véronique Sanson), vautours, marabouts, pélicans, calaos africains ou encore ibis ravissent pendant un peu plus d’une demi-heure, par leur gracieuses évolutions, un public aux anges.

Texte © Migros Magazine – Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: DR