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2 novembre 2015

Du sirop à gogo

Flamboyant en automne, généreux au printemps, l’érable à sucre est une véritable bénédiction de la nature. Suffit presque d’ouvrir le robinet d’écorce pour que coule le sirop…

L'érable à sucre photo
L'érable à sucre.

Il faudrait écrire ces lignes avec l’accent québécois. Car l’érable à sucre, Acer saccharum, est l’emblème, le fleuron, le haut représentant végétal du Canada, et plus particulièrement du Québec.

Ainsi cet arbre vénérable, ami de tous les enfants, pousse à une vitesse incroyable – dix mètres en vingt ans – et peut atteindre 45 mètres de haut pour 250 ans de longévité. Et surtout, il est cultivé pour produire le fameux sirop d’érable. Mais comment le nectar ambré passe- t-il de l’arbre au flacon?

En fait, l’érable à sucre, comme son nom l’indique, produit du sucre par la photosynthèse. Lequel saccharose se blottit dans les racines pendant l’hiver, où il est alors transformé en amidon. Au printemps, pour relancer son métabolisme, l’arbre pompe l’eau du sol, laquelle se charge à nouveau en sucre en montant dans le tronc. C’est cette eau sucrée – à différencier de la sève au goût amer – que l’on récolte en incisant l’écorce. Suffit presque de poser les seaux au pied de l’arbre et de laisser couler…

Le sirop est ensuite obtenu en faisant bouillir ce liquide, pour ne garder que la saccharose après évaporation de l’eau. Ne reste plus qu’à enfiler une chemise à carreaux, sortir la poêle à crêpes et se verser une bonne rasade de sirop d’érable, en toute bonne conscience! Cet édulcorant naturel ne contient ni additif ni colorant, est riche en minéraux, tout en étant peu calorique. En plus, son arôme caramel est franchement irrésistible. Qui dit mieux?

L'érable à sucre dans le détail

Il est le roi de l’été indien: quand les nuits deviennent fraîches et que les jours restent bien ensoleillés, ses feuilles virent à l’incandescence. Elles se colorent de jaune vif, d’orange et de rouge vermeil. Avant de tomber.

Son bois clair à grain serré fait le bonheur des ébénistes. Il est notamment très utilisé pour la réalisation des manches de guitares électriques.

C’est la feuille de l’érable à sucre, originaire d’Amérique du Nord, qui se trouve sur le drapeau du Canada. A ne pas confondre avec l’érable de Norvège...

Son fruit s’appelle une samare double, parce qu’elle a deux ailes. Ce sont les fameux fruits secs que l’on ramasse en automne pour jouer aux «hélicoptères».

Texte © Migros Magazine – Patricia Brambilla et Jean-Luc Pasquier

Auteur: Patricia Brambilla et Jean-Luc Pasquier

Photographe: Bunterhund (illustration)